Politique

La démocratie, ça s’apprend

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Abaisser l’âge de la majorité électorale à 16 ans comme en Autriche, à Malte et dans certains pays d’Amérique latine, pourrait permettre de développer des pratiques de participation à un moment plus propice au développement d’un attachement à la démocratie, contribuant ainsi, au moins dans une certaine mesure, à limiter l’abstention et à réduire la distance ressentie par une grande partie des jeunes vis-à-vis de leur système politique.

Chaque échéance électorale est l’occasion de le constater : à l’exception de certaines élections nationales – comme l’élection présidentielle ou les élections législatives de 2024 -, la participation électorale décline, et les jeunes Français sont particulièrement nombreux à déserter les urnes. La défiance envers les institutions, déjà particulièrement élevée en France depuis les années 1990, atteint désormais un niveau particulièrement préoccupant.

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Les Français dressent un tableau sombre de l’état de leur démocratie, entre sentiment exacerbé d’être mal représenté, rejet d’une classe politique jugée déconnectée de la réalité, fatigue face aux petites ambitions personnelles ou sentiment plus général d’impuissance face à la politique.

Dans un contexte de pessimisme démocratique, malgré de fortes attentes insatisfaites, les jeunes Français se distinguent des autres générations par un rapport à la citoyenneté et à la politique encore plus distant. Les cohortes les plus récentes participent moins aux élections et ont de plus en plus souvent une pratique de vote intermittente, voire inexistante, sont les moins nombreuses à se déclarer intéressées par la politique, les moins satisfaites du fonctionnement de la démocratie, et les moins confiantes dans le gouvernement et le parlement. Plus frappant encore, elles expriment un plus faible attachement au régime démocratique, qui se manifeste par une moindre importance accordée au fait d’être gouvernés démocratiquement et une plus forte propension à soutenir l’idée d’un gouvernement militaire. L’étude Young Europe 2025 montre que seuls 52% des jeunes Français interrogés considèrent la démocratie préférable à toute autre forme de gouvernement, un score 19 points inférieur à leurs homologues allemands.

En avril 2025, l’UNICEF a lancé un appel, passé largement inaperçu, intitulé « Vote à 16 ans : parce que les jeunes ont une voix ! », qui soutenait l’abaissement de l’âge de vote à 16 ans pour les élections municipales 202


Camille Bedock

Politiste , Chargée de recherche CNRS au Centre Emile Durkheim à Sciences Po Bordeaux