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Lutter contre la corruption en temps de guerre : un indice de vitalité démocratique en Ukraine

Politiste

Les sacrifices consentis par la population depuis l’invasion russe ne peuvent souffrir que persistent en Ukraine des logiques de rentes. La corruption, héritée de la transition postsoviétique et de la formation d’un système oligarchique, a longtemps constitué l’un des principaux obstacles à la consolidation des institutions publiques. Son éradication est aujourd’hui une priorité pour les Ukrainiennes et les Ukrainiens.

Depuis plusieurs mois, des affaires de corruption de haut niveau ont relancé le débat sur la persistance de pratiques de prédation en Ukraine. Les manifestations suscitées, à l’été 2025, par la tentative de remise sous tutelle des institutions de lutte contre la corruption, les révélations de l’« affaire Midas », relatives à un schéma de détournement de fonds opéré dans le secteur de l’énergie, ainsi que les poursuites engagées contre des hauts fonctionnaires, notamment deux ministres en exercice et un ancien haut responsable de l’administration présidentielle ont pu nourrir l’idée d’un retour des logiques de captation de l’État héritées de la période oligarchique.

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Pourtant, si la corruption n’a pas complètement disparu, ces épisodes révèlent également une transformation profonde du fonctionnement de l’État ukrainien. Alors que le pays est entré dans un processus d’intégration dans l’Union européenne, la visibilité de ces affaires témoigne de l’existence de mécanismes de contrôle, de médias capables d’enquêter et d’une société civile fortement mobilisée contre ces pratiques. Dans cette perspective, leur exposition publique en temps de guerre apparait aujourd’hui comme l’un des indicateurs les plus révélateurs de la vitalité démocratique de l’Ukraine.

Héritage oligarchique, et captation de l’État

Pour comprendre la nature de la corruption systémique en Ukraine, il faut revenir à la manière dont le système politique et économique s’est construit après l’indépendance. À la chute de l’Union soviétique, les ressources économiques du pays passent sous le contrôle d’un nombre limité d’acteurs issus de l’ancienne nomenklatura, et des nouveaux milieux d’affaires apparus durant la transition. Profitant de la faiblesse des institutions étatiques, ces groupes – à la tête desquels se trouvent les oligarques – prennent le contrôle de secteurs stratégiques de l’économie (métallurgie, énergie, industrie lourde, médias) et construisent de vastes réseaux d’influence. Dans p

Anastasia Fomitchova

Politiste, Docteure en science politique, Chercheuse associée au Center for European Humanities Research de l’Université nationale de Kyiv-Mohyla