Juger un président : l’avenir du bolsonarisme au Brésil
Le 25 juillet 2026, le visage de Jair Bolsonaro apparaissait sur un grand écran durant la convention nationale du Parti libéral à São Paulo. Généré par l’intelligence artificielle (IA), le deepfake dénonce le caractère injuste de l’emprisonnement de l’ancien président et réaffirme le soutien que ce dernier accorde à son fils, Flávio Bolsonaro, candidat à la présidence en 2026.

Quelques jours plus tard, le ministre de la Cour suprême, Alexandre de Moraes, enjoint à l’avocat de Jair Bolsonaro de préciser le statut de cette vidéo, en particulier quant à un éventuel accord de divulgation donné par l’ancien président.
L’intervention de Jair Bolsonaro dans la campagne, même médiée par l’IA, constituerait une transgression des conditions de son emprisonnement à domicile, accordé pour des raisons de santé. Parallèlement, le Parti des travailleurs (PT) a saisi la justice électorale pour qu’elle juge de la légalité de la vidéo.
Au-delà du nouvel enjeu que cet événement révèle, c’est-à-dire l’usage croissant de l’IA durant les campagnes électorales, les réactions au deepfake traduisent la place centrale que le judiciaire occupe dans la confrontation politique, en particulier ses deux principales instances fédérales : le Tribunal suprême fédéral (STF) et le Tribunal supérieur électoral (TSE). Leur influence repose tant sur la manière dont les partis et acteurs politiques les mobilisent[1] que sur la façon dont ces institutions endossent leur fonction, celle de garantes des institutions démocratiques et de la règle de droit.
Ce double processus les conduit à ne pas intervenir principalement en amont ou en aval des scrutins, mais durant l’ensemble du processus électoral. Ils représentent donc des acteurs centraux de la définition des pratiques politiques acceptables ou non. Ainsi, à dix jours du second tour de la présidentielle de 2022, le TSE avait interdit aux bolsonaristes de mobiliser les termes « corrompu » et « voleur » pour désigner Lula ; cette même année, le ST
