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Juger un président : l’avenir du bolsonarisme au Brésil

politiste

Les 4 et 25 octobre prochains se tiendront les élections présidentielles au Brésil. Parmi les thèmes de campagne, la condamnation en novembre 2025 de Jair Bolsonaro pour tentative de coup d’État en janvier 2023. Tout comme l’emprisonnement de Lula avait été un moteur de mobilisation à gauche, les droites brésiliennes appellent à l’amnistie, au nom de la… démocratie.

Le 25 juillet 2026, le visage de Jair Bolsonaro apparaissait sur un grand écran durant la convention nationale du Parti libéral à São Paulo. Généré par l’intelligence artificielle (IA), le deepfake dénonce le caractère injuste de l’emprisonnement de l’ancien président et réaffirme le soutien que ce dernier accorde à son fils, Flávio Bolsonaro, candidat à la présidence en 2026.

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Quelques jours plus tard, le ministre de la Cour suprême, Alexandre de Moraes, enjoint à l’avocat de Jair Bolsonaro de préciser le statut de cette vidéo, en particulier quant à un éventuel accord de divulgation donné par l’ancien président.

L’intervention de Jair Bolsonaro dans la campagne, même médiée par l’IA, constituerait une transgression des conditions de son emprisonnement à domicile, accordé pour des raisons de santé. Parallèlement, le Parti des travailleurs (PT) a saisi la justice électorale pour qu’elle juge de la légalité de la vidéo.

Au-delà du nouvel enjeu que cet événement révèle, c’est-à-dire l’usage croissant de l’IA durant les campagnes électorales, les réactions au deepfake traduisent la place centrale que le judiciaire occupe dans la confrontation politique, en particulier ses deux principales instances fédérales : le Tribunal suprême fédéral (STF) et le Tribunal supérieur électoral (TSE). Leur influence repose tant sur la manière dont les partis et acteurs politiques les mobilisent[1] que sur la façon dont ces institutions endossent leur fonction, celle de garantes des institutions démocratiques et de la règle de droit.

Ce double processus les conduit à ne pas intervenir principalement en amont ou en aval des scrutins, mais durant l’ensemble du processus électoral. Ils représentent donc des acteurs centraux de la définition des pratiques politiques acceptables ou non. Ainsi, à dix jours du second tour de la présidentielle de 2022, le TSE avait interdit aux bolsonaristes de mobiliser les termes « corrompu » et « voleur » pour désigner Lula ; cette même année, le ST


[1] Matthew M. Taylor, et Luciano Da Ros, « Os Partidos Dentro e Fora do Poder: A judicialização como resultado contingente da estratégia política », Revista de Ciências Sociais, vol. 51, 2008.

[2] Luiz Werneck Vianna, « A judicialização da política », em Avritzer L. et al. (orgs.), Dimensões políticas da justiça, Civilização Brasileira, Vol.1, 2013.

[3] Fabiano Andrade Lima et Arnaldo Jr. Mauerberg, « Preferências e Politização do Judiciário no Brasil Contemporâneo: Uma Análise de Casos de Combate à Corrupção », Dados, vol. 67, n°2, 2024.

[4] La loi n’est donc pas entrée en vigueur à ce jour.

[5] Anthony W. Pereira, Ditadura e repressão. O Autoritarismo e o estado de direito no Brasil, no Chile e na Argentina, Paz e Terra, 2010 ; Jorge Ferreira, « Nove dias de abril de 1964: da democracia liberal à ditadura militar », Tempo e Argumento, vol. 14, n°2, 2024 ; Jorge Chaloub et Helio Cannone, « A democracia e as interpretações de 1964 », Revista Brasileira De Ciências Sociais, vol. 39, 2024.

[6] Marie-Hélène Sa Vilas Boas, « La place contre les urnes : la contestation bolsonariste de l’élection présidentielle à Rio », Cultures et conflits, vol. 129, 2023.

[7] Marcus André Melo et Carlos Pereira, « Why Didn’t Brazilian Democracy Die », Latin American Politics and Society, vol. 66, n°1, 2024 ; Marie-Hélène Sa Vilas Boas,« Un faible homme fort. Jair Bolsonaro et le présidentialisme brésilien », dans Martigny Vincent, L’ère de l’exécutif. L’exercice du pouvoir en France et dans les démocraties contemporaines, Presses de Sciences Po, 2026.

[8] Oscar Vilhena Vieira, Rubens Glezer et Ana Laura Pereira Barbosa, « Supremocracia e infralegalismo autoritário. O comportamento do supremo tribunal durante o governo Bolsonaro », Novos Estudos CEBRAP, vol. 41, n°3, 2022.

[9] Notons que les accusés ont également été condamnés pour les motifs suivants : direction ou participation à une organisation criminelle ; dommages aggravés causés par la violence et menaces graves ; détérioration d

Marie-Hélène Sa Vilas Boas

politiste, Maîtresse de conférences à l’Université Côte d’Azur

Notes

[1] Matthew M. Taylor, et Luciano Da Ros, « Os Partidos Dentro e Fora do Poder: A judicialização como resultado contingente da estratégia política », Revista de Ciências Sociais, vol. 51, 2008.

[2] Luiz Werneck Vianna, « A judicialização da política », em Avritzer L. et al. (orgs.), Dimensões políticas da justiça, Civilização Brasileira, Vol.1, 2013.

[3] Fabiano Andrade Lima et Arnaldo Jr. Mauerberg, « Preferências e Politização do Judiciário no Brasil Contemporâneo: Uma Análise de Casos de Combate à Corrupção », Dados, vol. 67, n°2, 2024.

[4] La loi n’est donc pas entrée en vigueur à ce jour.

[5] Anthony W. Pereira, Ditadura e repressão. O Autoritarismo e o estado de direito no Brasil, no Chile e na Argentina, Paz e Terra, 2010 ; Jorge Ferreira, « Nove dias de abril de 1964: da democracia liberal à ditadura militar », Tempo e Argumento, vol. 14, n°2, 2024 ; Jorge Chaloub et Helio Cannone, « A democracia e as interpretações de 1964 », Revista Brasileira De Ciências Sociais, vol. 39, 2024.

[6] Marie-Hélène Sa Vilas Boas, « La place contre les urnes : la contestation bolsonariste de l’élection présidentielle à Rio », Cultures et conflits, vol. 129, 2023.

[7] Marcus André Melo et Carlos Pereira, « Why Didn’t Brazilian Democracy Die », Latin American Politics and Society, vol. 66, n°1, 2024 ; Marie-Hélène Sa Vilas Boas,« Un faible homme fort. Jair Bolsonaro et le présidentialisme brésilien », dans Martigny Vincent, L’ère de l’exécutif. L’exercice du pouvoir en France et dans les démocraties contemporaines, Presses de Sciences Po, 2026.

[8] Oscar Vilhena Vieira, Rubens Glezer et Ana Laura Pereira Barbosa, « Supremocracia e infralegalismo autoritário. O comportamento do supremo tribunal durante o governo Bolsonaro », Novos Estudos CEBRAP, vol. 41, n°3, 2022.

[9] Notons que les accusés ont également été condamnés pour les motifs suivants : direction ou participation à une organisation criminelle ; dommages aggravés causés par la violence et menaces graves ; détérioration d