Société

Des gilets jaunes aux lycéen.es : une révolution autoritaire

Sociologue

Près de 10 000 interpellations en six semaines, dont une écrasante majorité de mineurs : la répression du mouvement lycéen dépasse en intensité celle des gilets jaunes. Délit de groupement, circulaires de fermeté, loi « casseur-payeur », plateforme de doléances calquée sur le grand débat… le pouvoir rejoue en l’aggravant le scénario de 2018. Et parachève une révolution autoritaire dont le 17 octobre est à la fois la riposte et le produit.

Avec le mouvement lycéen actuel, la présidence d’Emmanuel Macron achève sa révolution autoritaire entamée lors du mouvement des gilets jaunes (entendu comme à la fois rupture et comme « mouvement d’un objet autour d’un point central […] le ramenant périodiquement au même point »). Le soulèvement de fractions des classes populaires est ce point central auquel est ramené sans cesse le pouvoir et la réponse politique qui ne sait être que répressive en constitue le mouvement général. Le 17 octobre en est le résultat.

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Depuis début septembre 2026, les lycéen.nes de banlieue parisienne – le premier blocage a eu lieu au lycée Saint Exupéry à Créteil –, rejoint.es par celles et ceux de la France entière – 1 027 établissements bloqués le 1er octobre au niveau national – demandent des conditions dignes d’études et une possible maîtrise de leur destin social. Parmi les revendications : des emplois du temps moins chargés, une rénovation des bâtiments, des heures de cours assurées, des classes moins bondées, mais aussi la suppression de Parcoursup. Ils et elles revendiquent ainsi l’égalité sociale et pédagogique entre tous les lycées. Ce soulèvement est aussi une irruption dans le champ politique. Ordinairement non sollicité.es à donner leur avis, les lycéen.nes affirment aujourd’hui leur compétence à dire ce qu’ils/elles considèrent souhaitable pour elles et eux-mêmes.

La réponse politique est policière et judiciaire

Face à la révolte, le pouvoir reste sourd. Enfermé dans une gestion technocratique et austéritaire de la France, en pleine préparation d’un budget d’économies massives dans les services publics, le gouvernement cherche à silencier la contestation. Si, lui, fait le choix de ne pas écouter ni entendre, il craint que ce ne soit pas le cas dans les sphères autres que celles des ministères. Il redoute la contagion d’un mouvement qui pourrait enflammer d’autres fractions d’une population harassée par l’augmentation du prix de l’essence, la stagnation des salaire


Mattéo Giouse

Sociologue, Post-doctorant ANR ECOFUNERAIRE Université Jean Monnet - Saint-Étienne

Mots-clés

Gilets jaunes