Docteur El-Sayed au Sénat ou le Michigan laboratoire de la vague démocrate
Abdul El Sayed a emporté l’élection sénatoriale dans le Michigan avec un large score de 53%, contre son rival républicain et proche du courant MAGA, Mike Rogers qui n’a fait que 45% [Ndlr – résultats de 17h48, sur 95 % des votes]. Résumer la campagne à l’élection d’un musulman au Sénat serait passer à côté de l’essentiel. El-Sayed a gagné en parlant d’assurance maladie, de prix des médicaments, d’argent en politique. Il a gagné avec le syndicat de l’automobile. Il est, avant tout, le sénateur de la santé.

Une dernière semaine de campagne pleine de rebondissements
Le dimanche 1er novembre, à deux jours du scrutin, James Clyburn, ténor noir du parti âgé de 86 ans, avait enjoint à Haley Stevens – la candidate qu’il avait soutenue à la primaire et qui avait été battue à 13 792 voix – de se rendre aux côtés d’El Sayed à la North End Church of God in Christ de Detroit afin de montrer une famille politique unie. Dans un revirement théâtral[1], elle avait préféré accompagner le républicain Mike Rogers à la Perfecting Church et y avait annoncé son soutien à ce dernier. La manœuvre a eu l’effet inverse. Le jour même, El-Sayed a levé 2,4 millions de dollars. La défection a ressoudé l’appareil autour de lui. Chuck Schumer a dénoncé une « trahison méprisable ». Le directeur de cabinet de Stevens a démissionné le soir même avec une partie de son équipe.
Un rapport de force très inégalitaire
Lorsqu’il annonce sa campagne en avril 2025, El Sayed est loin d’être le favori, y compris au sein de sa propre famille politique. Pendant la primaire, le super PAC de l’AIPAC a dépensé 20,6 millions de dollars contre El-Sayed et 10,5 millions pour Stevens, son plus gros investissement jamais réalisé dans une seule course. Dans l’élection générale, l’AIPAC s’engageait en octobre à verser jusqu’à 9 millions à un super PAC pro-Rogers. Le soutien du syndicat de l’automobile United Auto Workers (UAW) en juin, puis celui d’Alexandria Ocasio-Cortez en juillet, font basculer la course. L’es
