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Littérature

La griffe du temps ou l’herméneutique historienne de Judith Lyon-Caen

Critique

S’emparant de la sixième et dernière nouvelle des Diaboliques du vieux connétable et irréductible ultra Barbey d’Aurevilly, Judith Lyon-Caen signe avec La Griffe du temps un essai audacieux et novateur. Par ce véritable coup de force, elle instille, via l’histoire, un peu de fraîcheur méthodologique aux études littéraires.

De plusieurs côtés aujourd’hui, on voit des historiens s’aventurer du côté de la littérature de même que l’on aperçoit des romanciers qui empiètent sur l’histoire, voulant que les « champs » respectifs se rencontrent et s’interpénètrent. Et ceci au grand dam de puristes qui veillent à ce que les chasses respectives continuent à être sévèrement gardées. Or, le mixage des deux domaines peut se révéler fécond comme le prouve l’essai que vient de donner Judith Lyon-Caen dans La Griffe du temps en partant d’une nouvelle de Barbey d’Aurevilly. Essai audacieux et novateur qui nous est ainsi proposé et qui exige beaucoup de ses lecteurs. Or, que ce soit Barbey, vieux connétable des lettres sentant le moisi et irréductible ultra, qui inspire un tel coup de force est finalement réjouissant. Mais c’est bien grâce à La Vengeance d’une femme, sixième et dernière nouvelle des Diaboliques, que Lyon-Caen apporte ainsi un souffle de fraîcheur méthodologique aux études littéraires via l’histoire.

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Certes, c’...

Jacques Dubois

Critique, Professeur émérite de l’Université de Liège