Vers la tendresse – sur Heated Rivalry de Jacob Tierney
Alors que va être diffusé en France sur HBO Max son sixième et dernier épisode, la minisérie canadienne continue de faire parler d’elle depuis qu’elle a été montrée aux États-Unis en décembre dernier, rassemblant plus de dix millions de spectateurs. Créée par le producteur Jacob Tierney, elle adapte une saga de romans érotiques de l’autrice canadienne Rachel Reid, Game Changers, équivalents de la série Harlequin, qui utilisent le milieu du hockey professionnel comme terrain de séduction gay imprégné d’une forte culture du secret.

Ce Don’t ask, don’t tell fait de la liaison clandestine un enjeu d’excitation tout en s’appuyant sur un aspect fleur bleue des intrigues amoureuses autant que sur une représentation très calibrée des scènes intimes qui interviennent de façon métronomique toutes les vingt minutes. L’écho mondial de la série, à une époque où les violences envers les personnes LGBTQIA+ explosent dans le monde, s’est traduit au Canada par le succès des viewing parties au cours desquelles les spectateurs se retrouvaient dans des bars pour regarder les épisodes le soir de leur diffusion et par sa diffusion sur les plateformes illégales de streaming en Russie.
Si l’homophobie est mentionnée, sa violence n’est jamais montrée dans la série qui préfère offrir une vision idéalisée du monde. De fait, l’intrigue qui s’étale sur dix années commence en 2008, soit à une période où le mariage entre personnes du même sexe est légal au Canada. C’est dans les années 2000 que la télévision a vu arriver des représentations grand public de l’homosexualité avec des séries comme Queer As Folk et The L Word qui dépeignent la vie de communautés gay et lesbienne. Heated Rivalry s’ancre dans un monde où les représentations positives existent, où les unions sont reconnues.
Néanmoins, ses personnages vivent dans un microcosme totalement hermétique à la communauté queer et offrent ainsi une variation des empêchements intériorisés, politiques, sociétaux qui forment des obstacles
