Cinéma

Décongeler le temps – au début du 79e Festival de Cannes

Critique

Parité en recul, géographies surreprésentées, mais une semaine d’ouverture où l’intime et l’histoire se cherchent mutuellement : du slasher woke de Jane Schoenbrun aux adolescents napolitains de Marine Atlan, en passant par les fantômes de la dictature chilienne, la guerre menée par Téhéran contre son peuple et Thomas Mann rentrant dans une Allemagne qui n’a pas fini de festoyer – six films qui mesurent ce que les images font aux corps et les régimes aux mémoires.

Si depuis quelques années, la parité homme/femme est mise en question dans les films présentés à Cannes, la bataille est loin d’être gagnée. Comme le soulignait le collectif 50/50, groupe de réflexion sur les pratiques de la profession qui oriente une part de son action sur ces questions de représentation, la parité est même en net recul pour cette édition (28 % de femmes en compétition officielle et 29 % seulement à la Quinzaine des cinéastes).

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On peut regretter que seules cinq femmes soient en lice cette année pour la Palme d’or, même si davantage ont été sélectionnées dans les couloirs de nage parallèles du festival : en séances spéciales, à Un certain regard ou dans les autres sélections que sont la Quinzaine des cinéastes, l’ACID et la Semaine de la critique, seule section à présenter à parts égales des films réalisés par des hommes et des femmes. Cette inégalité se retrouve de façon encore plus flagrante dans l’inégale répartition des chef.fe.s de postes, à très large dominante masculine.

Mediapart a eu raison de pointer également « le grand rétrécissement » de la compétition cette année autour de quelques zones géographiques surreprésentées, essentiellement des pays de l’hémisphère Nord. On peut tout de même se réjouir que la dépression de l’homme blanc de cinquante ans ou la figure du monstre égotiste qui ont joué des coudes dans les représentations du cinéma d’auteur pendant de longues décennies se soient dissoutes dans l’apparition d’autres préoccupations. Si Rodrigo Sorogoyen met en avant cette typologie de personnage avec le réalisateur star irascible interprété par Javier Bardem dans L’Être aimé, il le fait sans complaisance et en faisant enfler les questionnements sur le regard changeant de la société sur ces figures histrioniques. Mais puisque le film est déjà en salles, nous en reparlerons plus en détail dans un autre article.

Pour l’heure, parcours trans-sections dans cette première semaine de festival à travers des films qui réfléchissent


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