Foyers de résistance – sur Beverly Buchanan : Impermanences
À la fin d’un courrier rédigé en 1992 où elle évoque sa maladie chronique, l’artiste américaine Beverly Buchanan écrit en lettres capitales : « BUT, I’m working ! My work will have to represent me. TRUST THIS. » Cette affirmation fait bien état de la détermination de l’artiste à faire exister son œuvre, pour a posteriori exister par son œuvre.

Celle-ci fait cette année l’objet d’une vaste rétrospective à travers l’Europe, et est présentée pour la première fois en France, au sein du Frac Lorraine, qui accueille le second chapitre de cette rétrospective, intitulé Beverly Buchanan, Impermanences. Coïncidence ou pas, Beverly Buchanan est également mise à l’honneur à la Biennale de Venise cette année, dans le cadre de l’exposition principale à l’Arsenal, près de dix ans après son décès survenu en 2015.
Pour cette rétrospective européenne, fruit de la coopération entre trois centres d’art (Haus am Waldsee à Berlin, Frac Lorraine, Spike Island à Bristol), il a été établi que cette œuvre tutélaire, mais largement méconnue, serait mise en dialogue avec le travail d’un·e artiste actuel·le. C’est ainsi une façon de suggérer que Buchanan pourrait bien devenir une artiste d’artistes, d’autant que la première exposition qui lui fut consacrée après son décès fut organisée par l’artiste américaine Park McArthur, dont le travail se déploie notamment autour des questions d’accessibilité et de validisme.
À la suite du chapitre présenté au Haus am Waldsee à Berlin, où son œuvre était mise en relation avec celle d’Ima Abasi Okon, elle est cette fois-ci mise en dialogue avec le travail de l’artiste française Hélène Yamba-Guimbi. Présentée comme un nouveau chapitre de cette vaste rétrospective européenne consacrée à l’œuvre de Beverly Buchanan, l’exposition entend faire découvrir son travail au public français, tout en témoignant d’une ambition d’exhaustivité. Beverly Buchanan: Impermanences s’organise donc autour de quatre salles qui déterminent un parcours structuré.
