Prendre soin – sur la rétrospective Leida Laius à La Rochelle
Chaque été, le Fema, le Festival du film de La Rochelle, redessine joyeusement la carte de la cinéphilie mondiale en faisant se côtoyer de grandes figures à la reconnaissance établie (cette année, Jacques Tati, Nanni Moretti, Youssef Chahine, etc.) auxquelles sont consacrées des rétrospectives et des avant-premières de films repérés pour la plupart au Festival de Cannes (comme Everytime de l’autrichienne Sandra Wollner, Notre Salut d’Emmanuel Marre, La Gradiva de Marine Atlan).

Entre le contemporain et les pierres angulaires de l’histoire du cinéma viennent se glisser des hommages à des cinéastes oubliés, pas ou peu diffusés en France.
Portrait de l’Estonie dans la fin de son ère soviétique
Cette année, une rétrospective partielle retrace en huit films, courts et longs, documentaires et fictions, le travail de la cinéaste estonienne Leida Laius. Sur une période de plus de vingt ans, du milieu des années 1960 à 1988, son œuvre dépeint une société de l’après-guerre qui se défait progressivement du joug de la puissance soviétique, force d’occupation militaire entre la seconde guerre mondiale et l’éclatement du bloc en 1991 dans un territoire totalement méconnu en France. Engagée volontaire dans l’Armée rouge pendant la guerre, infirmière, elle a fait le portrait de femmes, d’enfants, et plus généralement de la place (ou de l’absence) du soin dans la société, accompagnées par les bandes originales signées par son compatriote Arvö Pärt.
Déjà repéré cet hiver par le festival CinéBaltique (dont la deuxième édition a eu lieu au cinéma l’Arlequin à Paris en février) et à la Cinémathèque du documentaire dans son programme Poétiques baltes présenté de janvier à mars dernier, son travail culmine avec une fiction nourrie par le réel, Jeux d’enfants, visible sur le site d’Arte jusqu’au 31 décembre 2026.
Urbanisation d’un pays rural
Après avoir étudié le théâtre en Estonie puis le cinéma dans la prestigieuse école soviétique, le VGIK, elle se spécialise dans les adaptati
