Cinéma

Horreur et consolation – sur Teenage Sex And Death At Camp Miasma de Jane Schoenbrun

Critique

Que font les images sorties du cerveau de vieux hommes dominants aux fantasmes des petites filles qui grandissent avec elles ? En orchestrant la rencontre d’une jeune cinéaste woke et d’une final girl vieillissante recluse dans un ancien camp de vacances, Jane Schoenbrun retourne le slasher contre son propre impensé sexiste – et en fait un éloge queer de la transformation.

L’effet des plateformes sur l’exposition des films et leur financement ne fait pas partie du scénario du troisième long métrage de Jane Schoenbrun dont les personnages, une ancienne teen star recluse dans le Nord des États-Unis et une jeune réalisatrice fétichisent le lien physique aux films : pellicule 35 et son projecteur, dvd ou objets dérivés.

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C’est pourtant le feuilleton qui a fait frémir les cinéphiles cet été : Teenage Sex And Death At Camp Miasma, acclamé à Cannes et produit par la plateforme Mubi et Plan B, entre autres, bénéficierait-il d’une sortie en salles avant sa diffusion en streaming ? Après avoir annoncé quelques projections parisiennes, Mubi a finalement opté pour une blitz-sortie qui se concentre sur une seule journée, le 17 septembre dans vingt-cinq salles en France et avant la mise en ligne. Cette événementialisation des projections permet de faire grimper l’aura du film récompensé par la Queer Palm, de contourner habilement la chronologie des médias et de ne pas rejeter la diffusion sur la plateforme plusieurs mois plus tard (la diffusion sur Mubi n’est pas encore datée).

Pastiche amoureux

À l’inverse de Scary Movie 6 sorti en juin 2026 et de ses 30 millions de dollars de budget, qui fait des questions ethniques et de genre le prétexte à des blagues bêtes et méchantes, Camp Miasma n’est pas une parodie du slasher. S’il y est bien question d’un tueur psychopathe qui décime son entourage armé d’une lame (en l’occurrence, un javelot), il reprend avec amour, regard gras et goguenard, les ingrédients de la mise en abyme d’un genre : le maniérisme d’une forme populaire, son méta discours, le jeu référencé sur les acteurs qui ajoutent à leur rôle de fiction leur persona de comédien et les stigmates de leurs rôles précédents. Ainsi, Sarah Sherman, en agente nonchalante et vénale, imprime l’humour absurde et grand guignol du SNL dont elle est une résidente. Patrick Fischler projette le glauque terrifiant et métaphysique de David Lynch pour le


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