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Antonio Carlos de Souza Lima et Edmundo Pereira : « Parler du Musée National, c’est parler des peuples indigènes et de l’histoire du Brésil »

Journaliste – Agencia Publica

Le Musée national de Rio de Janeiro a perdu presque la totalité de ses collections dans l’incendie déclenché le 2 septembre dernier. Dans cet entretien, Edmundo Pereira, directeur du Département d’Anthropologie, et Antonio Carlos de Souza Lima, professeur d’ethnologie amérindienne au Musée National, décrivent l’ampleur des pertes et les conséquences dramatiques de cet incendie pour l’ethnologie, la culture brésilienne, la science.

Des visiteurs parcourent la pelouse de la Quinta da Boa Vista, un parc de la zone nord de Rio de Janeiro, certains les yeux en l’air, quand d’autres s’arrêtent pour prendre une photo. « Arthur est venu ici avec l’école » ; « Moi, j’ai une photo de dinosaure que j’avais prise ici » ; « J’avais besoin de venir pour voir, c’est un sentiment de perte » ; « Mes enfants ne pourront plus venir ici ».  Quelques jours après l’incendie, devant les ruines du Musée National, on entend encore les lamentations de gens qui savent avoir perdu un peu de l’histoire récente de leurs propres vies, et beaucoup d’une histoire bien plus grande.

La vice-directrice de l’institution, Cristiana Serejo, a déclaré que l’incendie avait détruit près de 90% des collections. Avec près de 20 millions d’objets, c’est une grande partie de l’histoire brésilienne qui vient de partir en fumée : « C’est l’histoire brésilienne dans ce qu’elle a de plus étincelant et de plus cruel », résume le chef du Département d’Anthropologie du Musée National, Edmundo Pereira, avec qui nous avons eu l’occasion de discuter. Pour lui, comprendre les collections du Musée National, c’est comprendre le Brésil, « une histoire coloniale où beaucoup d’objets proviennent de processus très violents ». Edmundo Pereira était en charge de la gestion des collections du Musée et venait justement de commencer un vaste travail de numérisation des fonds.

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Gabriele Roza

Journaliste – Agencia Publica