Alice Douard : « J’avais envie de scènes de comédies qui fassent qu’on sorte joyeux du film »
«Tes mamans ont gagné », avaient clamé Alice Douard et sa compagne, Marie Boitard, en brandissant, lors de la cérémonie des César 2024, le trophée du meilleur court métrage de fiction. D’inspiration autobiographique, L’Attente est le récit, dans le huis clos d’une maternité, des instants précédant la naissance du premier bébé d’un couple de femmes.

Des preuves d’amour reprend la même histoire mais en déplace le cadrage avant et après. Des mois qui précèdent jusqu’aux minutes qui succèdent à la naissance, on suit Céline, ingénieure du son, dans son parcours pour adopter la fille que porte sa compagne alors que la Loi Taubira vient tout juste d’être votée. Avec ce film historique dont la loi bioéthique de 2021 a rendu la réalité caduque, Alice Douard raconte les démarches très concrètes pour devenir parent légal, et, ce faisant, évoque un questionnement universel sur ce qu’est une bonne mère et faire famille. Elle réalise par là une comédie de remariage lesbienne, ancrée dans le quotidien et portée par un romantisme lyrique. R. P.
Des preuves d’amour commence par une archive sonore très émouvante dans laquelle Claude Bartolone, alors président de l’Assemblée nationale, annonce le vote de la loi ouvrant le mariage aux personnes de même sexe. Cette exposition donne au film son mouvement narratif qui va du général de la loi au particulier de l’histoire d’un couple.
Je voulais faire un film qui se situe entre 2013 et 2021, c’est à dire dans une époque où le parcours d’adoption était indispensable pour les familles homoparentales. Depuis 2021, la loi bioéthique permet au second parent une reconnaissance anticipée, ce que la loi Taubira en 2013 n’offrait pas encore. J’ai choisi de situer l’action en 2014 pour que le film soit d’époque mais pas trop récent : les filles sont des pionnières, elles découvrent ce parcours en même temps que le spectateur. Très longtemps, au scénario, un simple carton expliquait ces conditions légales particulières. J’étais gênée q
