Cinéma

Maria Giménez Cavallo :
« Personne sur le plateau de Kechiche n’a lu le scénario »

Critique

La sortie récente de Mektoub, My love : Canto due au cinéma est l’occasion de revenir, avec sa première assistante puis cheffe monteuse Maria Giménez Cavallo, sur le travail de fabrication des films d’Abdellatif Kechiche et de son équipe sans expérience, en transe avec le film dans ses scènes tournées sur toute leur longueur, sans couper l’élan des acteurs, et ses nuits de montage.

En adaptant La Blessure, la vraie de François Bégaudeau au cinéma, Abdellatif Kechiche a migré de la côte vendéenne à la plage sétoise. Il a surtout étiré le récit à partir d’improvisations avec ses acteurs, pour la plupart non professionnels et obtenu trois films fleuves, Mektoub, My Love : Canto uno sorti en 2018, Intermezzo présenté à Cannes en 2019 et jamais sorti en salles, et Canto due, sur les écrans depuis le 3 décembre.

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Pour ce tournage hors normes, il s’est entouré de collaborateurs très jeunes et inexpérimentés, dont Maria Giménez Cavallo qui a occupé plusieurs postes : directrice de casting, première assistante, cheffe monteuse. Elle raconte la conception folle et collective où s’est inventée une nouvelle façon de faire du cinéma reprenant les principes du maître du réalisme à la française, Maurice Pialat, mais en les poussant à leur maximum de l’expérimentation. R. P.

Comment avez-vous rencontré Abdellatif Kechiche et commencé à travailler avec lui ?
La première rencontre s’est faite à travers La Graine et le mulet et L’Esquive que j’ai étudiés dans mes cours de français à Columbia University. J’aimais retrouver dans son cinéma français contemporain une part du néoréalisme italien que j’adore. Pendant un séjour en France en 2013, je suis allée à Cannes pour la première fois j’ai été éblouie par La Vie d’Adèle. Ça a été un déclic : il fallait que je travaille avec ce réalisateur. J’ai dit à ma mère que je déménageais de New York à Paris pour faire du cinéma avec lui. Elle m’a conseillé d’écrire d’abord à la boîte de production, d’envoyer un CV. Mais j’étais convaincue que cela marcherait aussi simplement qu’en allant sur place frapper à la porte. J’avais la foi. C’était un appel du destin, le mektoub.

La démarche ressemble presque à celle du personnage d’Amin, le personnage de Mektoub, My Love qui écrit ses scénarios dans sa chambre et attend la rencontre providentielle d’un producteur !
J’ai déménagé à Paris dans une chambre de bonne. Je suis


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