danse

nora chipaumire : « Ma mère est sa mère, qui est sa mère, qui est sa mère »

Philosophe et écrivain

L’ambitieuse « carte noire » de l’artiste zimbabwéenne nora chipaumire, à la Ménagerie de Verre et à la Fondation Cartier dans le cadre du Festival d’Automne de Paris, est l’occasion de revenir avec elle sur son travail de danseuse, chorégraphe et performeuse. Après avoir reçu une éducation britannique, elle construit une pratique du corps et de l’art qui se détache de la bibliothèque coloniale et renoue avec sa langue maternelle shona.

Née au Zimbabwe mais new-yorkaise depuis les années 1990, nora chipaumire est performeuse et chorégraphe. Son travail prend la forme de performances – parmi lesquelles Chimurenga (2003), Miriam (2012) ou #PUNK 100% POP *N!GGA (2018), triptyque consacré à Patti Smith, à Grace Jones et au musicien de rumba congolaise Rit Nzele – mais aussi d’installations, dont la récente gadzi, présentée au printemps à la Tate Modern de Londres.

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Elle développe ce qu’elle appelle nhaka, une pratique du corps et de la pensée qui cherche à s’affranchir des canons coloniaux du mouvement pour renouer avec la langue, le rythme et la mémoire ancestrale shona. Elle a récemment fondé au Zimbabwe nhereraHUB, lieu de résidence et de travail qu’elle finance elle-même. Sa « carte noire » au Festival d’Automne à Paris, qui rassemble performances, exposition, bibliothèque et conversations publiques, sera présentée à la Ménagerie de Verre et à la Fondation Cartier du 11 au 26 septembre et du 17 au 19 décembre. B. G.

Le programme de votre « carte noire » au Festival d’Automne est particulièrement ambitieux puisqu’il comprend des performances, une exposition, une bibliothèque, des conversations publiques, un atelier, des séances d’écoute, un « fashion » salon, un marché, etc. Ce qui impressionne est moins la profusion que la multiplication des modes de relation avec le public que vous mettez en place.
C’est le Festival d’Automne qui a provoqué ce projet. Il était essentiel pour moi de montrer et de partager non seulement ma pratique et mon processus de travail mais aussi ma manière de vivre, d’être avec les autres au quotidien. Je pense que la performance, c’est ce que le public a le plus souvent l’occasion de voir, c’est l’aspect le plus visible et, si je puis dire, « livrable » de ma pratique. Le travail qui se cache derrière l’acte performatif est généralement invisible, et les artistes vivants n’ont pas la possibilité d’ouvrir leurs ateliers comme le font les artistes visuels. Cette « ca


[1] Réplique de la comédie musicale My Fair Lady (1956). L’original dit : « The rain in Spain stays mainly on the plain. »

Bastien Gallet

Philosophe et écrivain

Notes

[1] Réplique de la comédie musicale My Fair Lady (1956). L’original dit : « The rain in Spain stays mainly on the plain. »