F Fiction

Nouvelle

Rupture consommée avant attouchement

Ecrivaine

On connaissait le grand talent de Lydie Salvayre comme romancière et dramaturge, comme écrivain tout court. La nouvelle qu’elle a confiée à AOC révèle son art de la forme courte. Et surtout offre de nouveau l’occasion de savourer son sens si vivifiant de la dérision. On en redemande.

Gérard Genette, a dit la jeune fille cultivée, Gérard Genette, en réponse à une réserve formulée par Slomith Rimon concernant la question des niveaux de récit et celle du statut du narrateur en situation extradiégétique, postule l’existence, dans votre Autoportrait avec Masque d’un récit-cadre qui

Qui me casse les pieds, a tranché le grand écrivain.

Du reste, a continué la jeune fille cultivée en dépit de sa surprise, Genette dans sa brillante exégèse s’inscrit dans la perspective de Dorrit Cohn

Elle porte bien son nom, s’est esclaffé le grand écrivain

en ce qu’elle estime, a poursuivi la jeune fille cultivée quelque peu déstabilisée, que le défaut de cadre narratif dans chacun de vos monologues situe votre œuvre dans un statut hybride à la frontière du roman et du théâtre illustrant de façon très significative votre refus de vous laisser enfermer dans un genre défini sans pour autant évacuer

Évacuons, évacuons, a protesté le grand écrivain, je préfère que nous évacuions.

Si je puis me permettre, maître, a souligné la jeune fille cultivée de plus en plus désorientée par les réactions du grand homme, un énoncé tel celui que vous venez de prononcer et dont on retrouve mille exemples tout au long de votre œuvre, relève selon Dan Sperber et Deirdre Wilson, d’une volonté d’introduire au sein de vos écrits une dimension ironique dans le sens où l’ironie dans la tradition classique prend souvent la forme de l’antiphrase ou plu...

Lydie Salvayre

Ecrivaine