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Société

Pour le droit à la GPA

Juriste

Les opposants à la GPA occupent l’ensemble du spectre politique, depuis la gauche insoumise jusqu’aux partisans de la Manif pour tous, en passant par la gauche socialiste et la droite républicaine. Un étrange consensus fondé sur une commune détestation du libéralisme, qu’il soit économique, politique ou social. La gestation pour autrui serait indéfendable, et ne mériterait donc même pas discussion ?

L’usage des termes tels que « location des ventres », « esclavage », « marchandisation du corps », « vente d’enfants », « pratique eugéniste », « volonté aliénée », « bébés à la carte » ou « enfants génétiquement modifiés » mettent en évidence une stratégie discursive consistant à soustraire de la délibération démocratique la régulation de la GPA, laquelle ne mériterait que condamnation et anathème.  Inscrite dans la longue controverse sur le droit de l’individu à disposer de son corps, la GPA fait l’objet d’un inquiétant consensus négatif aussi bien politique qu’académique. Contrairement à une croyance répandue selon laquelle nous vivons dans une époque d’hyper-individualisme, ce n’est pas la personne qui dispose de sa vie et de son corps mais bel et bien l’État.

L’euthanasie est pénalement sanctionnée, le don d’organe après la mort est présumé et nous ne pouvons pas disposer librement de notre cadavre ni même de nos cendres : l’ordre public le veut ainsi… Égarés dans le labyrinthe des rapports du Comité d’éthique...

Daniel Borrillo

Juriste, Maître de conférences à l'Université de Paris-X-Nanterre