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Boris Johnson : après le coup de force antidémocratique, l’offensive antisociale

Politiste

Après la décision prise par Boris Johnson de suspendre pendant cinq semaines la Chambre des Communes, la démocratie britannique, mère des démocraties modernes, est plongée dans une crise très grave et inédite. Pour reprendre les mots du président Bartlet de la série The West Wing : « Est-il possible d’être à la fois stupéfait et, en même temps, de ne pas être surpris ? » Oui. Ce qui vient de se dérouler est à la fois stupéfiant, mais ne devrait surprendre personne, tant cette crise couvait depuis longtemps.

Depuis le vote populaire de 2016 en faveur de la sortie de l’Union européenne (UE), l’exécutif n’est jamais parvenu à obtenir le soutien d’une majorité de député.e.s. Dans un premier temps, Theresa May a conclu un accord avec ses partenaires européens qui a été rejeté trois fois à la Chambre non pas tant grâce à l’effort concerté de l’opposition, qu’à la désunion chronique dans les rangs conservateurs. Si 51,9% des Britanniques ont voté en faveur de la sortie en 2016, près des trois quarts des député.e.s conservateurs ont fait campagne pour le maintien dans l’Union.

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Theresa May a été congédiée par l’aile ultra des Brexiteers, à laquelle Boris Johnson appartient. Paradoxalement, ces ultras sont très minoritaires dans le groupe parlementaire, ainsi que dans le pays. Dans les mois qui ont suivi le référendum, les principaux partis se sont accordés sur le fait qu’il fallait respecter la volonté populaire en sortant de l’UE. Mais lorsque les discussions sur les modalités de cette sortie ont commencé, un au...

Philippe Marlière

Politiste, Professeur de science politique à University College London