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Après la contre-révolution
de janvier aux États-Unis, le grondement de la bataille qui vient

Juriste et philosophe

L’assaut lancé hier sur le Capitole par les partisans de Donald Trump doit se lire comme une contre-révolution qui vient de loin. Elle révèle un pays fracturé par une guerre qu’oppose deux vérités politiques inconciliables. Elle souligne qu’il est plus que temps d’en finir avec le nationalisme blanc.

Le président des États-Unis en exercice, clairement battu aux élections de 2020 et privé d’un second mandat, a organisé une contre-révolution le 6 janvier 2021, le jour où le Congrès devait confirmer les résultats du Collège électoral. Ce fut un moment sans précédent. Une foule a pris d’assaut le Capitole, s’est emparé de la Chambre des représentants et du Sénat, a saccagé le bureau du Speaker. Provoquée par le Président, l’insurrection a été rendue possible par les dirigeants du Parti républicain qui, pendant des mois, ont refusé de reconnaître les résultats des élections.

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La contre-révolution s’est préparée de longue date. Son éruption met à jour une profonde fissure aux États-Unis.

Le peuple américain est en guerre autour de la vérité. Les Américains ont rarement été aussi profondément en désaccord, pas depuis la Reconstruction. Le parallèle n’est pas anodin. À l’époque, le désaccord portait sur la vér...

Bernard E. Harcourt

Juriste et philosophe, professeur de droit et de sciences politiques à l'université de Columbia, directeur d'études à l'EHESS