Pour une taxe Gen Z
Est-ce vraiment d’une taxe Zucman dont nous avons besoin, ou ne serait-ce pas plutôt d’une taxe Gen Z (génération Z). Son principe serait simple : que tu sois milliardaire ou smicard, tu as le droit de consommer « 1 ». C’est tout, pas plus. Le débat ? Quel est ce « 1 » que nous aurions le droit de consommer, de telle sorte qu’il permette de contenir l’emballement du système Terre ? Dans un monde où les ressources sont illimitées et où le fait de les consommer est inoffensif pour les autres, le principe de justice « premier arrivé, premier servi » est compréhensible. On peut même considérer comme juste des écarts de revenus de 1 à 10 ; de 1 à 100 ; voire de 1 à 1 000 000 000. Mais ça n’est pas le réel. C’est un fantasme, un délire de fumeurs de moquette.

Non seulement les ressources sont limitées, mais à chaque fois que nous consommons nous hypothéquons l’avenir. En langage clair : à chaque fois que nous consommons, nous entravons l’existence des jeunes. À l’instar de Cronos, nous sommes des bouffeurs d’enfants.
Mais avant de parvenir à désirer l’indésirable, la limitation, un préalable est nécessaire : comprendre l’ampleur des incidences de la poursuite de notre trajectoire climatique sur nos sociétés. Ces dernières années d’expériences de recherche au croisement des géosciences, des sciences de l’éducation et de la science politique m’ont permis de proposer une vision de ce à quoi vont ressembler nos sociétés si nous restons sur la même trajectoire climatique. Ce que « je vois dans ma tête » lorsque je travaille, qui est concordant avec ce que « voient d’innombrables chercheurs », je l’appelle 2049. Je conçois 2049 non comme une date, mais comme une image. Celle d’un monde à venir explosé par les ruptures que nous créons sur la Terre. C’est une image difficile à voir ; c’est le réel en train de se faire, appréhendé à partir d’un faisceau d’analyses scientifiques.
Pour cela il est nécessaire de maîtriser une boîte à outils, constituée de savoirs bio géophy
