Société

Le logement en campagne

Déléguée générale d'IDHEAL

L’agglomération est devenue l’instance légitime des politiques du logement, et pourtant celles-ci demeurent centralisées. Les élu.e.s municipaux sont plusieurs à demander des moyens d’agir plus librement – la question se pose alors que se clôt le Congrès des maires. L’État veut-il se débarrasser du « fardeau » ? Les communes sont-elles prêtes à récupérer toutes les compétences liées à l’habitat ? On attend de voir si les campagnes pour les municipales 2026 prioriseront ce dossier.

Freeze the rent. Geler les loyers. La mention figure sur les joyeux badges de campagne de Zohran Mamdani, déjà collectors. Stopper la hausse des prix des logements dans une ville devenue inhabitable car inabordable a été l’un des trois slogans de campagne, inlassablement répétés, du jeune candidat élu sans appel comme maire de New York, par des électeurs et électrices plus nombreux.ses et plus mobilisé.e.s que les votants et votantes des scrutins précédents.

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Limpide et universel, cet engagement ouvre de tels espoirs qu’il ne souffrira aucun compromis. Plus encore que les transports gratuits et l’accueil des enfants, les deux autres mantras de Mamdani, le logement accessible à tous et à toutes est un préalable, à tout. Il offre la possibilité d’entrer ou de rentrer chez soi, pour s’y reposer, s’y émanciper, s’y construire, y fonder une famille ou s’en échapper, se retrouver, accueillir…

La promesse du gel des loyers laisse ainsi entrevoir la possibilité de vivre, libéré de la crainte de la rue pour les plus précaires, et pour presque tout le monde, allégé d’une charge mentale et financière devenue en France le premier budget des ménages. Se loger, c’est-à-dire payer un loyer ou rembourser son banquier, absorbe un tiers des revenus, pour la majorité de la population. Habiter coûte encore plus cher dès lors que l’on ajoute à ces dépenses les frais de déplacement, d’énergie, et de garde d’enfants qui permettent de dégager le temps de… gagner sa vie. Le sujet est à la racine de bien des tensions sociales que connaissent de nombreux pays et partie prenante d’enjeux qui le dépassent, tels la mixité sociale, le renouvellement urbain et la transition écologique, comme l’explique l’urbaniste Jean-Claude Driant. Il mélange aussi les échelles d’interventions et les niveaux de gouvernance.

À ce titre, ce sujet est éminemment politique et pourtant bien souvent absent des discours des responsables politiques qui ne savent par quel bout le prendre ou comment faire de ce s


[1]Jean-Philippe Brouant, « La compétence habitat des intercommunalités. Les jeux ambigus du législateur », Les Annales de la recherche urbaine, 99, 2005.
[2] Rapport de M. Poperen, n° 1148, Assemblée nationale, 1982.
[3]Suite aux dispositions successives de la loi Alur de 2014 et la loi Climat et Résilience de 2021, les Plans locaux d’urbanisme deviennent intercommunaux ainsi que les programmes locaux de l’habitat au fur et à mesure de leur révision.
[4] Nathalie Appéré, la maire de Rennes et présidente de Rennes Métropole, dans Le Monde du 9 octobre 2024.
[5]« J’ai été battu, parce que j’ai été un bâtisseur »: c’est par ces mots que le général Pierre Billotte (1906-1992) analyse sa défaite aux élections municipales de 1977 à la mairie de Créteil, alors qu’il en était le sortant depuis 1965.

Catherine Sabbah

Déléguée générale d'IDHEAL

Notes

[1]Jean-Philippe Brouant, « La compétence habitat des intercommunalités. Les jeux ambigus du législateur », Les Annales de la recherche urbaine, 99, 2005.
[2] Rapport de M. Poperen, n° 1148, Assemblée nationale, 1982.
[3]Suite aux dispositions successives de la loi Alur de 2014 et la loi Climat et Résilience de 2021, les Plans locaux d’urbanisme deviennent intercommunaux ainsi que les programmes locaux de l’habitat au fur et à mesure de leur révision.
[4] Nathalie Appéré, la maire de Rennes et présidente de Rennes Métropole, dans Le Monde du 9 octobre 2024.
[5]« J’ai été battu, parce que j’ai été un bâtisseur »: c’est par ces mots que le général Pierre Billotte (1906-1992) analyse sa défaite aux élections municipales de 1977 à la mairie de Créteil, alors qu’il en était le sortant depuis 1965.