Le logement en campagne
Freeze the rent. Geler les loyers. La mention figure sur les joyeux badges de campagne de Zohran Mamdani, déjà collectors. Stopper la hausse des prix des logements dans une ville devenue inhabitable car inabordable a été l’un des trois slogans de campagne, inlassablement répétés, du jeune candidat élu sans appel comme maire de New York, par des électeurs et électrices plus nombreux.ses et plus mobilisé.e.s que les votants et votantes des scrutins précédents.

Limpide et universel, cet engagement ouvre de tels espoirs qu’il ne souffrira aucun compromis. Plus encore que les transports gratuits et l’accueil des enfants, les deux autres mantras de Mamdani, le logement accessible à tous et à toutes est un préalable, à tout. Il offre la possibilité d’entrer ou de rentrer chez soi, pour s’y reposer, s’y émanciper, s’y construire, y fonder une famille ou s’en échapper, se retrouver, accueillir…
La promesse du gel des loyers laisse ainsi entrevoir la possibilité de vivre, libéré de la crainte de la rue pour les plus précaires, et pour presque tout le monde, allégé d’une charge mentale et financière devenue en France le premier budget des ménages. Se loger, c’est-à-dire payer un loyer ou rembourser son banquier, absorbe un tiers des revenus, pour la majorité de la population. Habiter coûte encore plus cher dès lors que l’on ajoute à ces dépenses les frais de déplacement, d’énergie, et de garde d’enfants qui permettent de dégager le temps de… gagner sa vie. Le sujet est à la racine de bien des tensions sociales que connaissent de nombreux pays et partie prenante d’enjeux qui le dépassent, tels la mixité sociale, le renouvellement urbain et la transition écologique, comme l’explique l’urbaniste Jean-Claude Driant. Il mélange aussi les échelles d’interventions et les niveaux de gouvernance.
À ce titre, ce sujet est éminemment politique et pourtant bien souvent absent des discours des responsables politiques qui ne savent par quel bout le prendre ou comment faire de ce s
