La lutte contre l’antisémitisme ne doit pas porter atteinte aux libertés d’expression et académique
Affichant l’ambition de combattre l’antisémitisme sous toutes ses formes, la PPL n°575 « visant à lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme » traduit en réalité une nouvelle instrumentalisation idéologique de l’antisémitisme, au service d’une police de la pensée.

Au prétexte de protéger les communautés juives, ce texte menace gravement le champ de la liberté d’expression et ouvre la voie à une limitation sans précédent de la liberté académique. En l’état, certaines de ses dispositions risquent en effet d’étendre l’incrimination pénale à des formes d’expression ou de recherche qui relèvent aujourd’hui du débat public, de la critique politique ou du travail scientifique.
Tout comme la loi n° 2025-732 du 31 juillet 2025 relative à la lutte contre l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur, promulguée cet été, il est symptomatique d’une multiplication des mécanismes de contrôle légal et administratif qui étiolent nos libertés derrière une inflation de procédures et de normes. Certes, la lutte contre l’antisémitisme ne doit pas faiblir, mais c’est précisément pour cela que ce texte ne doit pas être voté.
Une définition problématique de l’antisémitisme… qui risque de nourrir ce qu’elle prétend combattre
Si le terme « antisémitisme » n’a pas de définition juridique unique en droit français, tout comme il n’existe aucune définition unique pour toute autre forme de racisme, plusieurs textes répriment déjà les discours et agissements antisémites. Ainsi, selon la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, l’injure, la diffamation et la provocation à la haine raciale (« à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ») peuvent être sanctionnées d’amendes et d’emprisonnement.
Depuis 1990, la loi dite Gayssot a introduit dans ce même dispositif la répression de la contestation de crimes contre l’humani
