Pour le boycott de la Coupe du monde de Trump
Il est entré dans la légende de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) et du supporterisme : Michel Kula Mboladinga alias Lumumba. Ce performeur tiré à quatre épingles resta debout, immobile, le bras levé et la main ouverte durant l’intégralité des quatre matchs que disputa la République démocratique du Congo, en hommage à la figure indépendantiste Patrice Lumumba. Le Nigérian Akor Adams reprit d’ailleurs la gestuelle à son compte pour célébrer son but contre l’Algérie.

Cette 35e CAN fut intense jusqu’à son épilogue dont le scénario aurait pu être écrit par un dramaturge. Public, favoris et stars ont été au rendez-vous tandis que le Maroc démontrait qu’il ferait un hôte de choix de la 24e Coupe du monde en 2030, par la qualité de ses stades mais également la facilitation de déplacements proposés à des tarifs très avantageux. Loin, très loin de l’obscénité qui se profile aux États-Unis.
En suivant cette fête du football international nous n’avons pu, en effet, faire abstraction de la suite, beaucoup moins réjouissante : une Coupe du monde disputée en majeure partie à Trumpland. Nous n’avons pas pu non plus nous empêcher de repenser à cette énième éructation du récipiendaire du grotesque Prix de la paix de la FIFA (Fédération internationale de football association), en décembre : « Pourquoi est-ce que nous ne prenons que des gens qui viennent de pays de merde ? » Il faisait en l’occurrence référence à la Somalie. « Des endroits calamiteux. Crasseux, sales, dégoûtants, gangrénés par la criminalité. » Suite à quoi l’élu républicain à la Chambre des représentants Randy Fine crut bon de devoir faire une explication de texte sur CNN : « Toutes les cultures ne se valent pas. Le président parle un langage que les Américains comprennent. » Dont acte.
Dès lors, pourquoi, diable, des « pays de merde » devraient-ils s’abaisser à aller fouler cet été les beaux gazons américains au risque de se voir accusés de les souiller ? La rhétorique d’un sport œuvrant en faveur du ra
