Culture à la tronçonneuse
en Pays de la Loire
Lorsqu’en octobre 2017 Bruno Retailleau renonce à la présidence du conseil régional des Pays de la Loire pour conserver son siège de sénateur en vertu de la nouvelle législation sur le non-cumul des mandats, personne n’a vu venir celle qu’il désigne pour lui succéder : Christelle Morançais, obscure vice-présidente à la formation professionnelle et au tourisme, dont l’expérience en matière politique se résume pour le reste à un mandat de conseillère municipale d’opposition au Mans.

Certes, les deux ont battu ensemble le pavé avec La Manif pour tous mais Morançais, plus libérale que conservatrice, a des convictions moins ancrées que l’ancien metteur en scène du Puy du Fou. La preuve : depuis, celle-ci s’est ralliée à la cause du mariage pour tous, a tué le père en se rapprochant de la sphère macronienne, avant de prendre finalement la roue d’Édouard Philippe, ce qui fait aujourd’hui persifler Retailleau que « Christelle représente la politique du vide ».
Toujours est-il que, deux ans après cette passation de pouvoirs sur un malentendu, le logiciel Morançais n’imprime pas, un sondage daté de 2019 créditant péniblement la Sarthoise d’un taux de notoriété de 19 % chez les Ligériens. Christelle Morançais en nourrit-elle un complexe de légitimité, voire un syndrome de l’imposteur, au sein d’une institution dont l’histoire très masculine fut marquée par des poids lourds nommés Olivier Guichard et François Fillon ?
En 2020, elle décide de miser sur la stratégie du « quoi qu’il en coûte » par le biais d’un programme de relance de 500 millions d’euros. Un prélude à sa profession de foi électorale de 2021, qui mettra en exergue une hausse de 30 % du budget culture, sport et vie associative – mais oui ! – et s’enorgueillira du soutien de 350 festivals et manifestations. Choix payant : la « keynésienne » Christelle Morançais sera reconduite en son nom pour un mandat de six ans, son premier bâton de maréchal. Mais aussi un vote qui l’oblige, avant Macron.
Pourtant c’est
