Le Puy du Fou à Paris
La dernière croisade réactionnaire s’attaque désormais à la culture. À grand renfort de spectacles, expériences immersives et autres reconstitutions historiques connotées elle cherche déjà depuis quelques années à coloniser l’inconscient collectif afin de « favoriser l’adhésion des Français à leur histoire et à leur patrimoine matériel et immatériel ».

Sur cette base, elle s’invite logiquement dans la campagne municipale, non seulement en termes de projet mais de représentation. Irrémédiablement devenu son meilleur outil pour figurer des images séduisantes et totalement fictives, le recours à l’intelligence artificielle présente des situations urbaines, architecturales et surtout patrimoniales fantasmées de bout en bout, annonciatrices de la nouvelle servitude douce et pernicieuse qui s’installe au cœur de la démocratie.
La bataille culturelle déclarée depuis la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques a trouvé à Paris un prolongement au cœur de la campagne municipale. Ou plutôt une revanche. Celle de la sphère réactionnaire courroucée, bien décidée cette fois à imposer « son récit national » à la capitale. Sans doute dans l’idée de faire de Paris un « de ces refuges de civilisation, soustraits à la décadence générale, qui préservent des petits bouts de France », Sarah Knafo et son équipe mettent les bouchées doubles. La fin justifie les moyens. En attendant de pouvoir « produire un refuge identitaire sous la forme d’un parc à thème historique[1] », il sied à la candidate qui vient de passer un « merveilleux moment au Puy du fou, chef-d’œuvre de beauté et d’émotion[2] » de se tourner vers l’intelligence artificielle pour en dupliquer le sens à Paris. C’est-à-dire produire à l’aide de la technologie la plus avancée, un imaginaire urbain et patrimonial totalement factice.
Peu lui chaut l’exactitude, il s’agit d’instrumentaliser le paysage de Paris en laissant accroire, en un cliché, qu’il serait bienfaisant pour les Parisien·nes, non seulement de (re)faire
