MIGA ou la servitude volontaire version iranienne
Dans le Traité théologico-politique, Spinoza pose une question vertigineuse : comment se fait-il que les hommes combattent pour leur servitude comme s’il s’agissait de leur salut ? Transposée à la situation iranienne actuelle, cette question devient sinistre : comment se fait-il que certain.e.s Iranien.ne.s applaudissent les bombes israélo-américaines comme si elles portaient la promesse de leur libération ?

Comment comprendre que certain.e.s au sein du milieu MIGA (Make Iran Great Again) projettent leur espoir de liberté sur des missiles qui frappent indistinctement hommes et biens, civils et militaires : les Gardiens de la révolution, certes, mais aussi les conscrits de l’armée régulière qui font leur service militaire obligatoire, les fillettes de Minab, les hôpitaux, les patrimoines culturels comme les beaux palais du XVIIe et du XIXe siècle à Ispahan et à Téhéran, les bâtiments résidentiels, les stades, les dépôts de pétrole, les réserves d’eau douce, les usines pharmaceutiques, les télécoms, les centrales électriques, les infrastructures vitales – tout, et partout, sans distinction ?
Comment ceux qui rêvent d’un autre fils que le fils de Khamenei, d’un autre « guide suprême », sous la figure d’un prince héritier, et qui ont signé des pétitions comme « Act Now » pour mendier une frappe contre l’Iran de Trump, peuvent-ils croire un instant à la libération du peuple iranien tandis que Trump annonce que si la guerre continue l’Iran sera si dévasté que l’on n’entendra plus le nom de ce pays ?
Les tragédies de la Libye, d’Afghanistan ou d’Irak dépassent-elles à ce point les limites de leur entendement ? L’expérience de Gaza ne leur a-t-elle donc rien appris ? Cette terre réduite en cendres où écoles et hôpitaux ont été détruits sous prétexte d’y traquer des combattants du Hamas. Et si ces expériences leur paraissent trop lointaines, souffrent-ils d’une sorte d’amnésie historique qui leur ferait oublier la guerre de douze jours de juin 2025, qui a laissé de
