Rassemblement territorial !
Les élections municipales qui viennent de se conclure ont souvent été présentées comme l’ultime étape avant le « choc » présidentiel de 2027. Ce moment de démocratie semblait devoir préfigurer les stratégies à adopter l’année prochaine au plan national, par exemple pour les partis de gauche à l’égard de LFI (réciproquement) ou de LR à l’égard du RN (et réciproquement). Quand bien même on insiste sur la spécificité du lien qui unit les électeurs à « leur » maire, la construction de l’agenda politique qui fait du scrutin municipal un marchepied en direction de l’élection présidentielle semble une évidence.

Non seulement en raison de la chronologie effective, mais également parce que les maires et le président de la République incarnent, aux deux extrémités de la pyramide politique française, les figures de l’exécutif (du gouvernement, du pouvoir, de la décision) qui prétendent se prévaloir d’une rencontre directe avec le « peuple », soit sous la forme d’une proximité de terrain, soit sous la forme idéelle de la souveraineté. Mais, à travers les raisons banales et acceptables qui justifient cette mise en ordre de l’agenda politique, il est également important d’y percevoir une des tensions qui polarisent désormais les orientations idéologiques.
De même que l’on constate un « backlash écologique », il faudrait souligner le « backlash territorial » larvé qui en appelle au retour de la nation ou voudrait réhabiliter le national contre le local, qui voudrait décliner la notion de « souveraineté » dans tous les secteurs de la production et de la consommation, et qui, soit par démagogie, soit par défaut d’imagination, croit également pouvoir augmenter le débit d’énergie politique des citoyens en puisant dans leur fierté nationale ou dans le fait qu’ils auraient « mal à la France ».
Le contexte géopolitique façonné par la puissance désinhibée des empires, le retour du protectionnisme brutal, la pâleur et la lenteur des instances européennes, les retards pris chez no
