Politique

Municipales 2026 : la victoire politique de la culture des quartiers

Enseignant, Militant de l'écologie populaire

L’accession aux hautes responsabilités locales de nombreuses personnalités politiques issues de l’immigration et des quartiers populaires est un fait majeur des récentes élections municipales. L’existence d’une culture politique autonome forte des quartiers populaires n’est pourtant pas nouvelle, et chaque scrutin révèle leur poids électoral notamment dans le combat contre la montée de l’extrême droite.

Il y aura un avant et un après ces élections municipales 2026. Un trait majeur et marquant de cette séquence électorale, c’est l’accession aux plus hautes responsabilités locales de nombreuses personnalités politiques issues « de l’immigration et des banlieues », pour reprendre l’expression choisie par le MIB lors de sa création il y a trente ans.

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Clairement, les territoires populaires ont été le théâtre de mobilisations politiques qui ont surpris même leurs observateurs les plus avertis. S’il n’est pas aisé de faire une liste exhaustive – au regard des différences de profils et de contextes, nous y reviendrons –, nous pouvons déjà citer une liste impressionnante de maires issus des « cités de France », nouvellement élus ou réélus : Bally Bagayoko (Saint-Denis), Sonia Benameur (Ris-Orangis), Karim Bouamrane (Saint-Ouen), Idir Boumertit (Venissieux), Aly Diouara (La Courneuve), Mohamed Gnabaly (L’Île-Saint-Denis), Adama Gaye (Mantes-la-Jolie), Sofienne Karroumi (Aubervilliers), Samira Ketfi (Corbeil-Essonnes), Bassi Konaté (Sarcelles), Abdelkader Lahmar (Vaulx-en-Velin), Yahaya Soukouna (Fleury-Mérogis), Demba Traoré (Le Blanc-Mesnil), Azzédine Taïbi (Stains), Omar Yaqoob (Creil), Mélissa Youssouf (Villepinte)…

Les cas évoqués présentent une grande diversité de situations et il reste beaucoup à analyser, sans idéalisation ni essentialisation, avec un vrai recul sur l’évolution politique de ces territoires. Ces phénomènes ne tombent pas du ciel. Les comprendre, c’est revenir sur l’histoire des mobilisations populaires qui s’y sont déployées depuis les années 1980, et notamment l’émergence contrastée de listes citoyennes revendiquant leur ancrage dans l’univers des quartiers et ayant projeté de longue date ce dernier dans la compétition électorale.

Ces succès en cascade créent la surprise, pourtant ils étaient prévisibles. Depuis plusieurs années, chaque scrutin national ou local révèle le poids électoral des quartiers populaires, et l’intérêt de leurs habita


Ulysse Rabaté

Enseignant, Président de l'association Quidam pour l'enseignement populaire, Ex-Conseiller municipal de Corbeil-Essonnes

Abdel Yassine

Militant de l'écologie populaire