Écologie

COP 30 : le repli des États vers les territoires

Géographe

Entre climato-scepticisme d’État, techno-solutionnisme et arbitrages locaux impossibles, la diplomatie climatique mondiale s’érode. Mais à Belém, plus de mille élus locaux américains avaient maintenu leur présence : preuve que le territoire s’impose comme la seule échelle opérationnelle de la transition.

Le dérèglement climatique est d’actualité dans le débat mondial en dépit du retrait de l’Amérique trumpienne de l’Accord de Paris (2015). Suite au second mandat d’un président climato-sceptique aux États-Unis suivie de la diffusion d’une idéologie anti-climat, la question fait face à un multilatéralisme peu favorable à la diplomatie[1]. Aussi de nombreux observateurs s’interrogent sur les avancées de la Conférence sur le climat de l’ONU (COP 30). Elle se déroule à Belém[2] et fait suite aux récents évènements catastrophiques ayant entraîné pertes humaines, dégâts matériels et désolation (ouragan Melissa dans les Caraïbes, pluies diluviennes au Vietnam et incendies records en France).

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Les scientifiques et experts considèrent d’ailleurs l’année 2024 comme la plus chaude : la limite de 1,5°C a désormais été franchie[3]. Et ils affirment que la poursuite du réchauffement de la planète Terre présente un sérieux risque pour l’humanité[4]. D’où le questionnement pour assumer la continuité de la mise en œuvre de l’Accord de Paris (2015) qualifié d’universalisme, c’est-à-dire d’une stratégie de développement tenant compte des limites planétaires.

Le contexte du débat

Les points de vue sur les enjeux du changement climatique et du réchauffement de la planète sont nombreux et incluent une diversité d’acteurs. À titre illustratif, certains peuvent être ici relus.

L’économiste Christian Perthuis démontre à la suite de ses travaux sur la taxation de la pollution du transport maritime comment les États-Unis ne se limitent pas à un simple retrait de l’Accord de Paris et mènent un travail de sape au niveau international[5]. Ce point de vue s’est confirmé lors de la réunion de l’International Maritime Organization (IMO) au mois dernier : des politiques susceptibles d’être engagées par d’autres pays ont été remises en cause. La Chine, également absente lors du sommet des chefs d’État les 5 et 6 novembre de la COP 30 semble partager le point de vue des techno-solutionnistes,


[1] Voir l’article d’Audrey Garric, « Une COP dans des vents contraires », Le Monde, 6 Novembre 2025, p.2 (dans le supplément intitulé Climat : une bataille en péril).

[2] Selon les statistiques officielles du Brésil, 57 % de la population de la ville (1,3 millions d’habitants) réside dans des favelas, le chiffre le plus élevé du pays.

[3] L’alerte du 6ème rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC, 2024) se confirme. Certains n’excluent plus la possibilité d’atteindre +2°C d’ici 2050.

[4] Sur l’actualité des chiffres, consulter l’excellente présentation sur le site Instagram d’Arte.

[5] Christian de Perthuis, « Dix ans après, quel bilan pour l’accord de Paris ? », The Conversation, 2 novembre 2025.

[6] Marie Bellan « La COP 30 s’ouvre au Brésil sous le signe de l’urgence à agir », Les Echos ,7/8 novembre 2025, p.7.

[7] Nicolas Chapuis « Les États-Unis, du retrait au travail de sape », Le Monde, 9 et 10 Novembre 2025, fustige à juste titre l’attitude des États-Unis et inclut une critique à l’égard de Bill Gates en indiquant que « le volte-face de Bill Gates incarne cette rétrogradation de la question environnementale ».

[8] Ces données s’appuient sur les 69 dossiers nationaux remis le 30 septembre, comme l’exige l’Accord de Paris. La France et l’Europe ont remis leur dossier après la date officielle.

[9] Pierre Charbonnier, La Coalition du climat, Seuil, 2025.

[10] Cynthia Ghorra-Gobin, Comment faire des métropoles un levier pour la planification écologique et solidaire ? Le Bord de l’Eau, 2025.

[11] Rappelons la vitalité de l’association des maires mobilisés par la question du changement climatique, la Climate Mayors Network, présidée par la maire de Phoenix, Kate Gallego. Consulter l’article de Cynthia Ghorra-Gobin, « Saisir le décalage entre un président climatosceptique et le contexte local : les incendies de Los Angeles ».

[12] Lire le texte du collectif : Local Leaders Forum Joint Outcome statement, et rappelons également q

Cynthia Ghorra-Gobin

Géographe, Directrice de recherche émérite CNRS-Creda et rédactrice en chef de l’Information géographique

Notes

[1] Voir l’article d’Audrey Garric, « Une COP dans des vents contraires », Le Monde, 6 Novembre 2025, p.2 (dans le supplément intitulé Climat : une bataille en péril).

[2] Selon les statistiques officielles du Brésil, 57 % de la population de la ville (1,3 millions d’habitants) réside dans des favelas, le chiffre le plus élevé du pays.

[3] L’alerte du 6ème rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC, 2024) se confirme. Certains n’excluent plus la possibilité d’atteindre +2°C d’ici 2050.

[4] Sur l’actualité des chiffres, consulter l’excellente présentation sur le site Instagram d’Arte.

[5] Christian de Perthuis, « Dix ans après, quel bilan pour l’accord de Paris ? », The Conversation, 2 novembre 2025.

[6] Marie Bellan « La COP 30 s’ouvre au Brésil sous le signe de l’urgence à agir », Les Echos ,7/8 novembre 2025, p.7.

[7] Nicolas Chapuis « Les États-Unis, du retrait au travail de sape », Le Monde, 9 et 10 Novembre 2025, fustige à juste titre l’attitude des États-Unis et inclut une critique à l’égard de Bill Gates en indiquant que « le volte-face de Bill Gates incarne cette rétrogradation de la question environnementale ».

[8] Ces données s’appuient sur les 69 dossiers nationaux remis le 30 septembre, comme l’exige l’Accord de Paris. La France et l’Europe ont remis leur dossier après la date officielle.

[9] Pierre Charbonnier, La Coalition du climat, Seuil, 2025.

[10] Cynthia Ghorra-Gobin, Comment faire des métropoles un levier pour la planification écologique et solidaire ? Le Bord de l’Eau, 2025.

[11] Rappelons la vitalité de l’association des maires mobilisés par la question du changement climatique, la Climate Mayors Network, présidée par la maire de Phoenix, Kate Gallego. Consulter l’article de Cynthia Ghorra-Gobin, « Saisir le décalage entre un président climatosceptique et le contexte local : les incendies de Los Angeles ».

[12] Lire le texte du collectif : Local Leaders Forum Joint Outcome statement, et rappelons également q