L’inter-urbanisme : alternative à l’extractivisme
Depuis la seconde moitié du XXe siècle, l’urbanisme moderne s’est largement construit sur un paradigme de croissance illimitée, d’extension spatiale et de maîtrise technique des territoires. Pourtant, les crises écologiques, sociales et économiques contemporaines révèlent l’épuisement de ce modèle. L’artificialisation massive des sols, la fragmentation des paysages, la perte de biodiversité et l’aggravation des inégalités territoriales appellent une refonte en profondeur des pratiques urbanistiques.

Dans ce contexte, la définition d’un horizon commun[1] émerge comme une proposition théorique et opérationnelle pour repenser l’urbanisme non plus comme une discipline de l’extension, mais comme une culture inclusive de l’attention, du soin et de la bifurcation écologique.
L’artificialisation des sols augmente plus vite, hélas, que la population
L’artificialisation des sols en France a progressé à un rythme quatre fois supérieur à la croissance démographique depuis les années 1980. Le phénomène dépasse malheureusement les frontières de la France, comme le révèle une analyse inédite menée par le projet Green To Grey, un consortium de 11 médias européens, dont le norvégien NRK et le réseau Arena for Journalism in Europe, qui ont coordonné l’étude. Selon les résultats, le continent européen perd chaque année une superficie équivalente à 1 500 km de nature, ce qui correspond à une augmentation de 1,5 fois par rapport aux dernières estimations fournies par les institutions européennes. De quoi douter des objectifs affichés à l’échéance 2050…
La publication des photos avant/après interventions sur le site du journal Le Monde montre l’ampleur du phénomène, l’étalement des zones urbanisées et la multiplication des infrastructures alimentées par la généralisation de la voiture individuelle, ainsi que les conséquences dramatiques pour les milieux : érosion de la biodiversité, imperméabilisation des sols, aggravation des risques d’inondation et fragmentation des paysages…
