Crise du marché des livres neufs
Les récents problèmes économiques de la librairie Gibert Joseph et du groupe Decitre – Furet du Nord ont mis sur le devant de la scène le fait que les librairies n’étaient peut-être plus si résilientes. Christian Thorel, ancien directeur de la librairie Ombres blanches à Toulouse, en avait fait des librairies essentielles pendant la pandémie COVID mais les derniers résultats économiques montrent à quel point leur fragilité n’est pas conjoncturelle.

Ce phénomène n’est pas nouveau mais que des enseignes centenaires, iconiques, au rayonnement national, plongent dans des procédures de redressement judiciaire et s’engagent dans la restructuration de leur modèle d’affaires a montré à quel point les difficultés économiques des librairies ne sont pas qu’un discours ni une plainte mais bien une réalité. On les disait résistantes, à toute épreuve, mais le sont-elles encore vraiment ?
Coup sur coup, deux chaînes de librairies ont annoncé s’engager dans une procédure de redressement judiciaire en raison de leurs mauvais résultats économiques. Fondée en 1883 quai Saint Michel à Paris, l’enseigne Gibert Joseph possède aujourd’hui 16 magasins dans 12 villes soit l’équivalent de 500 salariés. Les librairies Gibert, dont le chiffre d’affaires total avoisine pourtant les 86 millions d’euros, a sollicité le 27 avril dernier la protection du tribunal des activités économiques face au « déclin du marché du livre neuf ». Puis, tout récemment, le groupe Nosoli rassemblant les 18 librairies Decitre et Furet du Nord pour un chiffre d’affaires de 150 millions d‘euros, a lui aussi sollicité le tribunal de commerce pour un redressement judiciaire.
Avec ces annonces, ce sont deux chaines de librairies historiques et au rayonnement national qui se voient contraintes d’amorcer une reconfiguration de leur modèle économique. Après la Fnac, ce sont les deux principales chaines de librairies, c’est dire comme leur restructuration est loin d’être anodine. La simultanéité des crises, leur car
