Trois ou quatre choses à retenir de la Coupe du Monde
Cela avait pourtant bien commencé : les équipes faisant leur entrée sur la pelouse au son de Sirius, instrumental devenu classique d’Alan Parsons Project (Eye in the sky, Arista, 1982). Les plus de quarante ans auront revu défiler les images des Chicago Bulls de Michael Jordan entrant dans l’arène du United Center.

Mais sans doute la musique d’Eric Woolfson, fortement influencée dans cet opus par l’œuvre de George Orwell, est-elle aujourd’hui jugée trop subversive. Alors, dès la deuxième journée de la phase de groupe, elle fut remplacée par Dai Dai de Shakira, l’hymne officiel de la compétition, une soupe tout autant indigeste que le Waka Waka de l’édition 2010. Le football aux États-Unis c’est comme un vin trop boisé recommandé par Robert Parker : il est censé répondre à un goût international qui n’est en fait que l’exportation sans droits de douane du mauvais goût américain.
On a donc disputé cette 23e Coupe du Monde dans des stades qui n’étaient pas vraiment des stades de football. Sur des terrains très secs qui n’étaient pas vraiment des terrains de football : avez-vous déjà essayé de faire pousser du gazon sur une dalle de béton ? Au prétexte d’indispensables pauses fraîcheur pour cause d’horaires déraisonnables, on a saucissonné les matches en quatre quarts-temps, comme en NFL, ce football qui se joue casqué, où l’on voit parfois une action entre deux spots publicitaires. Même protocole dans les enceintes fermées et climatisées. Money is money.
En tribunes, une foule surexcitée, mais plus par l’événement que le match en lui-même. On vient déguisé, pour faire la fête et des selfies, boire et manger officiel, on espère s’apercevoir sur les écrans géants alors on danse. Car pire que ça ce serait la mort, chante Stromae. Le jeu en deviendrait presque accessoire, il est d’ailleurs le plus souvent insipide. Certains matches semblent se dérouler au ralenti. Peu importe, seules comptent les stars et leurs « stats ». À quel niveau Messi portera-t-il le record
