Toi aussi, découvre l’écologie avec Bruno Retailleau
L’année 2026 ne sera pas uniquement l’année d’une succession d’événements climatiques extrêmes, elle sera aussi, et pour cause, l’année des conversions écologiques improbables parmi les personnalités politiques. À l’heure où j’écris cet article, Bruno Retailleau est le dernier à se découvrir une aspiration écologique et à nous découvrir ce que doit être l’écologie selon lui. Pour La Tribune (dimanche 9 août), le candidat LR à l’élection présidentielle a dévoilé les principes de sa politique d’adaptation au changement climatique.

Ceux qui travaillent depuis des décennies dans le domaine de la transition écologique (chercheurs, experts, fonctionnaires et élus) doivent éprouver un mélange de lassitude et d’exaspération face aux néophytes politiques que les événements obligent à s’exercer la voix avec des notions qu’ils ont négligées jusqu’à présent (vous avez bien dit « adaptation au changement climatique » ?). Il est d’ailleurs légitime de se demander (comme ce fut le cas dans certains forums) s’il vaut la peine de répondre en mode défensif à ces nouveaux porte-parole politiques de l’écologie et s’il ne serait pas préférable de construire l’écologie offensive dont nous avons besoin dans le débat public. Il s’avère pourtant important, pour l’écologie elle-même, de discuter ce qu’un candidat de droite comme Bruno Retailleau « fait » de l’écologie dans un contexte climatique que personne ne peut plus songer à nier.
Quoiqu’il donne l’impression de pouvoir être, en 2026, un leader de l’innovation dans l’écologie politique, Bruno Retailleau ne peut évidemment pas éviter d’emprunter des notions et des thèses au discours ou plutôt aux discours de l’écologie. Non, Bruno Retailleau n’a pas instauré un nouvel usage de la notion d’adaptation en rapport avec le changement climatique. Il est obligé lui aussi de passer par la grille sémantique et thématique de l’écologie, en particulier celle du GIEC ou de l’ADEME, pour s’efforcer de dire quelque chose de sensé à propos de
