Des politiques du XXIe siècle au nom de la vulnérabilité
Le terme de « vulnérabilité » devrait constituer un élément-clé de toute politique de gauche aujourd’hui comme antidote au capitalisme autoritaire et maxi-productiviste qui est devenu le nôtre mondialement. Quelques exemples récents de vulnérabilité appellent des transformations radicales. Les graves incendies de Gironde durant les étés 2022 et 2026 nécessitent à la fois des politiques de précision quasi-chirurgicales accomplies dans l’urgence mais aussi de nouvelles formes d’habitabilité.

Dans un tout autre domaine, le taux de mortalité infantile en France, analysé dernièrement par un rapport de l’IGAS, qui s’établit à 4,1 décès pour 1 000 naissances et nous place au 23e rang de l’Union européenne (contre un classement au sommet de la santé néonatale dans les années 1990), révèle des vulnérabilités que les politiques publiques n’arrivent pas à traiter et devraient pourtant traiter.
Dans l’édition du vendredi 14 août 2026, le journal Le Monde titrait : « Les vulnérabilités des alliés de Kiev face à Moscou », manière d’évoquer alors l’inquiétude des Européens concernant leur propre sécurité, spécifiquement après l’attaque, en plein cœur de l’été, d’un avion de transport militaire destiné à l’Ukraine à l’aéroport allemand de Leipzig. Des politiques de sécurité adaptées répondraient à ces vulnérabilités.
Les vulnérabilités sont certes complexes. Il existe des vulnérabilités climatiques, socio-économiques, vitales mais aussi géopolitiques, etc. Le rôle des décideurs politiques est non seulement d’organiser leur traitement mais plus encore de leur répondre. Qu’est-ce que répondre à des vulnérabilités ? C’est faire face à des alertes, à des drames et les considérer comme nécessitant une attention collective, un changement de situation, une transformation du mal en bien. Par exemple, le nombre de féminicides en France ne diminue pas malgré les alertes, les colères, les mobilisations des milieux féministes et l’émotion d’une grande partie de la société française.
