Mettons le paysage aux programmes !
L’été 2026 se profile comme l’été des paysages de la sécheresse et parfois de la dévastation. En France, les paysages de forêts incendiées sont parmi les plus spectaculaires, les plus effrayants. En montagne les écroulements de falaises et les laves torrentielles transforment l’ensemble des versants, de la haute montagne aux vallées. Les citadins vivent des ambiances surchauffées, inédites, recherchent les arbres, modifient leurs pratiques. Les jardins et les parcs urbains sont désertés par la microfaune et les oiseaux, les sols sont craquelés. Les campagnes sont jaunies et desséchées. On pourrait multiplier les exemples et montrer aussi des évolutions sur un temps plus long, plus discrètes mais tout aussi signifiantes.

Les transformations que nous observons émeuvent, touchent, parfois désespèrent. Le terme de solastalgie[[1] s’est diffusé pour exprimer ce sentiment, cette émotion qui nous saisit quand nous ne (nous) reconnaissons plus (dans) les paysages connus, aimés. Ce que ces situations ont en commun, c’est la démonstration visible, sensible, par tous les sens, à toutes les échelles, des transformations en cours et de leur caractère irréversible. En cela le paysage joue un rôle d’alerte, de prise de conscience.
L’expression Anthropocène, au-delà des débats utiles et intéressants sur le terme, est passée dans le langage courant et permet de rassembler ce qui spécifie la situation actuelle : une transformation globale, rapide, irréversible. L’Anthropocène nécessite de penser différemment la complexité des évolutions pour agir différemment, dans l’incertitude. Elle mobilise d’autres imaginaires. Il ne s’agit pas de revenir à mais d’aller vers, d’avancer quand même.
Paysages en Anthropocène
Ce texte n’est pas un plaidoyer pour le paysage, n’apporte ni formule magique ni ensemble de « bonnes pratiques », mais une proposition étayée, fondée, pour mobiliser le paysage comme un levier pour penser ensemble. Penser ensemble, c’est à la fois penser la complexité
