International

À quoi rêvent les empires ?

économiste, Directeur de création, Entrepreneur

Des frappes sur Téhéran racontées comme une opération technique, des milliardaires qui promettent Mars et la victoire sur la mort : la puissance ne cherche plus à séduire, elle fixe ce qui aura cours comme réel. Le récit est devenu une infrastructure, adossée à des câbles, des détroits et des data centers. Face aux empires qui se jurent éternels, l’Europe pourrait opposer une finitude assumée – et ce que la géographie a d’indivisible.

We have formed the most ambitious, vertically integrated innovation engine on (and off) Earth with unmatched capabilities to rapidly manufacture and launch space-based communications that connect the world, to harness the Sun to power a truth-seeking artificial intelligence that advances scientific discovery, and ultimately to build a base on the Moon and cities on other planets.
Prospectus d’introduction en bourse de SpaceX, 2026

Le 28 février 2026, une coalition américano-israélienne lance près de neuf cents frappes en douze heures sur l’Iran et tue d’emblée le Guide suprême Ali Khamenei. L’opération est présentée comme une mesure de non-prolifération et un changement de régime, et personne, à Washington ou à Tel-Aviv, ne cherche à la faire aimer.

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Au même moment, dans la même ville, quelques-uns des hommes les plus riches du monde expliquent qu’il faut quitter la planète, vaincre la mort, et que la démocratie est un logiciel périmé. Entre l’assassinat d’un chef d’État raconté comme une opération technique et des milliardaires qui annoncent leur sortie du cadre commun, le lien n’est pas évident. Il tient à une chose : ni les uns ni les autres ne demandent qu’on les croie. Ils fixent ce qui aura cours comme réel, et laissent à ceux qui restent le soin de s’y adapter.

La puissance ne se mesure plus seulement en kilomètres carrés ou en arsenaux, mais aussi en capacité à imposer un récit du monde qui structure les croyances, les peurs et les votes. Ce que les relations internationales ont appelé le soft power a muté en pouvoir de la narration. Le récit est devenu une infrastructure, au même titre qu’un port ou un réseau électrique. Il ne décrit pas le monde, il décide de ce qu’on peut y penser et y faire. Et ces dernières années font surgir un empire d’un type nouveau, qui ne s’en sert plus pour conquérir de la légitimité mais pour la déclarer périmée et organiser sa sortie. Cet empire se dit dématérialisé. Il est l’une des entreprises les plus physiques de n


Nicolas Minvielle

économiste, professeur à Audencia Business School

Rémi Carlioz

Directeur de création, Associé à La Warroom

Benoît Thieulin

Entrepreneur, Fondateur de La Warroom, ancien directeur du Conseil national du numérique, ancien directeur de l'École de communication de Sciences po,