Les élections en Israël ou l’art de (dés)espérer
On voudrait ici rendre compte des résultats des élections du 27 octobre en Israël sous un angle particulier, celui de l’espoir, et donc, aussi, du désespoir. En ces temps où Israël est surtout la cible de critiques, il paraîtra étrange de parler d’un privilège : celui d’éprouver sur ce pays, en priorité, un désespoir politique singulier. Mais on ne saurait ignorer la variété des émotions qui se portent, encore, sur un Israël qui demeure aimé, parfois, autant qu’il est détesté.

Espoir : ce mot est, pourrait-on dire, à l’origine d’Israël, à travers le nom de l’hymne national, HaTikva, l’espoir, titre d’un poème de 1878 de Naftali Herz Imber d’abord chanté dans les congrès sionistes avant d’être adopté par le nouveau pays. Le livre de Theodor Herzl, L’État des Juifs (1896) est l’expression d’un espoir : « L’an prochain à Jérusalem ! Tel est notre vieux mot. Il s’agit maintenant de montrer que cet espoir peut se transformer en une splendide réalité. » Mais aussi, l’espoir a donné son nom à une ville pionnière (Petah Tikva), ou encore à un quartier populaire de Tel-Aviv.
Une petite histoire d’espoirs proche-orientaux
Israël a été une terre porteuse d’espoir au-delà de ses frontières. Après la Seconde Guerre mondiale, le pays jouit en Occident, globalement, d’une image remarquablement positive. Dans la constellation antiraciste, l’idée d’un pays qui mette les Juifs à l’abri suscite un remarquable espoir. Et lorsque ce pays se trouve embarqué dans une suite de guerres dont il n’est alors pas vu comme essentiellement responsable, l’espoir devient celui de mettre fin au conflit entre Israël et ses voisins.
La guerre de 1967 change la donne : Israël devient la cible d’une critique croissante, sans que les espoirs disparaissent, parfois les plus fragiles, rythmant l’histoire du Proche-Orient, les déceptions n’empêchant pas l’espoir de renaître même s’il apparaît bien souvent plus médiatique que réaliste. Un exemple, début 2005, il y a plus de vingt ans : Ariel Sharon
