Actions éco-activistes dans les musées : et après ?
Il y a trois ans, nous publiions dans AOC une analyse de la vague d’actions alors menées par des activistes écologistes dans des musées et ciblant principalement des tableaux protégés par des vitres. Une nouvelle action a récemment eu lieu avec un dispositif particulier : le 12 octobre 2025, au Museo Naval de Madrid, la toile Premier hommage à Christophe Colomb (1892) de José Garnelo a reçu des projections de peinture rouge directement sur sa surface, non protégée.

C’est pour nous l’occasion de faire le point sur les cinquante actions menées depuis 2022 sur et autour d’artefacts exposés dans des musées, leurs évolutions et leurs suites. Leur étude permet d’appréhender une cohorte d’actes qui, tout en se diversifiant, conservent une structure rituelle stable. En documentant les sanctions prononcées, nous esquissons également un premier état des lieux des réponses pénales que ces actions ont entraînées. Adopter un regard étendu dans le temps permet d’apporter des clés de lecture plus substantielles sur l’action du 12 octobre en s’extrayant du seul temps médiatique. C’est, enfin, une manière d’élargir et d’affiner le cadre d’analyse mobilisé afin de mieux saisir les enjeux de long terme soulevés par ces interventions face aux logiques du capitalisme néolibéral, à l’heure où ces enjeux tendent à être évacués du débat public en France.
2022-2025 : évolution des discours et des modes d’intervention
Les actions de résistance civile décrites dans notre article précédent, qui ont pris place à partir de l’été 2022 dans des musées en Europe, en Amérique du Nord et en Australie, ont continué à avoir lieu à intervalles réguliers jusqu’à l’été 2025. Malgré la diversité des contextes nationaux et institutionnels dans lesquels elles se sont déroulées, les collectifs ont maintenu un fil conducteur autour de messages centrés sur l’urgence climatique, en particulier sur la responsabilité des gouvernements et sur la nécessité d’un sursaut collectif face à la situation environ
