Bannir les IA voyous
Le discours généraliste sur l’IA, voire sur les IA, ne porte guère sur des systèmes d’IA précis (avec toutes leurs spécificités logicielles : ce n’est pas la même chose d’utiliser Copilot et ChatGPT grand public même si la technologie est voisine), ni sur les firmes de l’IA. Pour ces dernières, on s’enflamme avant tout sur leurs levées de fonds, sur leurs performances mais on globalise vite pour parler de « la Tech » sans entrer dans les détails, ce qui permet toutes les variations à prétention philosophique voire prophétique.

Quand on prétend s’y intéresser de plus près, ce sont avant tout leurs discours, leurs inspirateurs, leurs positions politiques qui fascinent comme source d’une nouvelle idéologie dominante, libertarienne/fasciste pourrait-on presque dire. Et du côté des utilisateurs, des professionnels de l’IA, on subit l’avalanche de benchmarks, de tests de capacités nouvelles dans des situations souvent mal identifiées ou peu soucieuses de repérer les fonctionnements réels des organisations. Tout cela encourage les discours généraux qui font oublier qu’il existe d’autres IA que l’IA générative, qu’il existe même des usages alternatifs des IA, qu’il existe des chercheurs qui continuent à exiger de l’explicabilité, par exemple, qui développent des systèmes d’IA plus petits.
Lorsque j’alerte sur les « déshumanités numériques », je ne veux en aucun cas participer au chœur des lamentations des prophètes qui grossissent tellement l’affaire qu’on se retrouve chacun impuissant. Oui, on peut faire autrement ! Oui, on peut aussi attaquer ces firmes, d’autant plus lorsqu’elles en sont à leurs débuts, plus fragiles et plus arrogantes, c’est ce que je propose ici.
C’est pourquoi, j’ai tenté d’inverser cette tendance aux généralités sur l’IA-qui-fait-peur pour parler non d’IA mais de systèmes d’IA et insister sur le pluralisme de ces systèmes, dont l’IA symbolique qui a permis de maintenir la prise sur le monde. Mais il faut sans doute aller plus loin et frappe
