Cinéma

Jonás Trueba : « Je ne suis pas un réalisateur professionnel »

Journaliste

Il est une des grandes figures, à la fois modeste et ambitieuse, du cinéma contemporain. Ses films mettent en œuvre un humour et une sensualité portés par une éthique et des stratégies radicales. Entretien avec le jeune réalisateur espagnol d’Eva en août et de Septembre sans attendre, à l’occasion de la sortie de La Reconquista et de l’intégrale que lui consacre le Centre Georges-Pompidou.

Mercredi 28 janvier sort dans les salles françaises un film inédit, moment de grâce cinématographique au plus près des émotions, proposition accueillante et ludique, traversée de surprises et de déplacements ouvrant sur une méditation autour de la mémoire aussi riche que légère. Jamais sorti en France, La Reconquista se construit autour des retrouvailles, toute une soirée et une nuit, d’un homme et une femme qui ont été amoureux depuis le lycée, puis qui s’étaient séparés.

publicité

Réalisé en 2016, il s’agit du quatrième long métrage de Jonás Trueba, qui en a à ce jour réalisé huit. Plus exactement huit déjà connus. Bien assez pour constituer ce qu’on appelle une œuvre, et pour que le Centre Pompidou consacre une rétrospective intégrale à cet auteur de 45 ans. Elle s’ouvre le 27 janvier au MK2 Bibliothèque, qui accueille la programmation cinéma du Centre durant la fermeture du bâtiment de Beaubourg.
Cinéaste singulier mais dont le travail repose sur une approche collective au long cours, le réalisateur espagnol qui a été découvert en France en 2019 grâce à son cinquième long métrage, Eva en août est notamment l’auteur du récent Septembre sans attendre sorti l’automne dernier. Signataire d’un ensemble de films qui accompagnent avec sincérité et humour sa propre évolution tout en renouvelant les potentialités du langage cinématographique avec une grande créativité formelle, il a tourné pour le programme du Centre Pompidou plusieurs nouveaux titres. Il revient ici sur son cheminement, et sur l’étape majeure qu’est La Reconquista dans ce parcours. Entre autres parce que l’interprète de la jeune femme dans le film, Itsaso Arana, devient alors la partenaire de création de la quasi-totalité des films suivants de Trueba, comme actrice et comme coscénariste.
À l’intégrale du Centre Pompidou s’ajoute la parution du premier livre consacré au cinéaste, Jonás Trueba. Le cinéma, c’est vivre trois fois plus (Éditions de l’Œil), composé par les programmatrices et autrices Eva Mark


[1] Ces trois premiers longs métrages, distribués en Espagne, sont inédits en France.

[2] Rafael Berrio est un compositeur, parolier, chanteur et musicien basque espagnol, né en 1963 et mort en 2020. Il a été une figure du mouvement Donosti Sound dans les années 1990, a fait partie de plusieurs groupes avant de choisir une carrière solo à partir de 2010. Dans La Reconquista, il interprète le rôle d’un chanteur qui serait le père du personnage féminin principal, et chante deux chansons dont l’une, Arcadia en flor, a été écrite pour le film, et pour laquelle Jonás Trueba a réalisé un clip. Il est également l’auteur et l’interprète de Quién lo impide, entendue durant le générique de fin, et qui donne son titre au film suivant de Trueba .

[3] Stanley Cavell, À la recherche du bonheur. Hollywood et la comédie du remariage, traduction rééditée chez Vrin en 2017, coll. Philosophie du présent

[4] Les proches collaborateurs de Jonás Trueba depuis ses débuts sont le chef opérateur Santiago Racaj, la costumière Laura Renau, le directeur artistique Miguel Ángel Rebollo, la monteuse Marta Velasco et le producteur Javier Lafuente, avec qui il a cofondé la société de production Los Ilusos Films. Et, depuis La Reconquista, l’actrice et coscénariste Itsaso Arana, également réalisatrice d’un film produit par Los Ilusos Films, Les filles vont bien.

[5] Jonás Trueba est le fils de Fernando Trueba, réalisateur d’une vingtaine de longs métrages depuis le début des années 1980. Fernando Trueba apparaît dans son propre rôle dans Septembre sans attendre réalisé par son fils Jonás en 2024.

[6] « Cinema en curs » est un programme d’initiation à la rencontre des films et à la pratique du cinéma initiée en 2005 en Catalogne par Nuri Aidelman et qui a depuis essaimé dans toute l’Espagne et plusieurs pays d’Amérique latine.

Jean-Michel Frodon

Journaliste, Critique de cinéma et professeur associé à Sciences Po

Rayonnages

CultureCinéma

Notes

[1] Ces trois premiers longs métrages, distribués en Espagne, sont inédits en France.

[2] Rafael Berrio est un compositeur, parolier, chanteur et musicien basque espagnol, né en 1963 et mort en 2020. Il a été une figure du mouvement Donosti Sound dans les années 1990, a fait partie de plusieurs groupes avant de choisir une carrière solo à partir de 2010. Dans La Reconquista, il interprète le rôle d’un chanteur qui serait le père du personnage féminin principal, et chante deux chansons dont l’une, Arcadia en flor, a été écrite pour le film, et pour laquelle Jonás Trueba a réalisé un clip. Il est également l’auteur et l’interprète de Quién lo impide, entendue durant le générique de fin, et qui donne son titre au film suivant de Trueba .

[3] Stanley Cavell, À la recherche du bonheur. Hollywood et la comédie du remariage, traduction rééditée chez Vrin en 2017, coll. Philosophie du présent

[4] Les proches collaborateurs de Jonás Trueba depuis ses débuts sont le chef opérateur Santiago Racaj, la costumière Laura Renau, le directeur artistique Miguel Ángel Rebollo, la monteuse Marta Velasco et le producteur Javier Lafuente, avec qui il a cofondé la société de production Los Ilusos Films. Et, depuis La Reconquista, l’actrice et coscénariste Itsaso Arana, également réalisatrice d’un film produit par Los Ilusos Films, Les filles vont bien.

[5] Jonás Trueba est le fils de Fernando Trueba, réalisateur d’une vingtaine de longs métrages depuis le début des années 1980. Fernando Trueba apparaît dans son propre rôle dans Septembre sans attendre réalisé par son fils Jonás en 2024.

[6] « Cinema en curs » est un programme d’initiation à la rencontre des films et à la pratique du cinéma initiée en 2005 en Catalogne par Nuri Aidelman et qui a depuis essaimé dans toute l’Espagne et plusieurs pays d’Amérique latine.