Cinéma

Du conformisme – sur Les Rayons et les Ombres de Xavier Giannoli

Critique

Alors que débute la 79e édition du Festival de Cannes où seront présentés plusieurs films traitant des années troubles de l’occupation, il est intéressant de revenir sur la réception du film de Xavier Giannoli, pour voir comment ces débats révèlent finalement les manques d’une œuvre bien conformiste, plus roublarde que réellement ambivalente, et dans laquelle chacun voit ce qu’il a envie d’y voir.

Alors que l’actualité cinéma est désormais occupée par le Festival de Cannes, celle des précédents mois s’est focalisée sur un film qui avait délibérément snobé cette grande messe. « Je ne me voyais pas le présenter pendant le Festival de Cannes, je voulais que le film soit protégé de ce cirque ».

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C’est ainsi que Xavier Giannoli parle des Rayons et les Ombres sorti le 18 mars dernier et qui termine sa carrière commerciale en frôlant les 900 000 entrées, performance notable pour un film de plus de trois heures abordant le sujet explosif de la collaboration. On peut trouver une certaine bravade dans le geste du réalisateur, quand absolument tout le cinéma français rêve d’être montré à Cannes et de s’y montrer.

Cependant, l’affirmation selon laquelle le sujet serait trop sensible pour une telle manifestation est immédiatement démentie par les faits. Ces jours-ci, le festival présente en effet Notre Salut d’Emmanuel Marre (sur l’histoire de l’arrière-grand-père du réalisateur, tentant de faire carrière dans l’administration vichyssoise, sortie le 30 septembre) et La Troisième nuit de Daniel Auteuil (les cas de conscience d’un jeune fonctionnaire et d’un abbé face aux rafles d’août 1942), ainsi que les reconstitutions biographiques Moulin de Laszlo Nemes (sortie le 28 octobre) et La bataille De Gaulle : l’âge de fer d’Antonin Baudry (sortie le 3 juin). Soit quatre autres films sur la même période, abordant chacun plus ou moins frontalement la question.

Incontestablement, il y a une nouvelle passion française autour de ces années troubles. Ces films seront évidemment sans doute très différents les uns des autres dans leur échelle de production et leur registre, mais à coup sûr, ils seront comparés entre eux et par rapport au film de Giannoli. Et incontestablement, comme autour du film de Giannoli, les parallèles avec la période contemporaine ne manqueront pas de se faire, et les débats historiques se poursuivront, une fois les projections des films terminées et


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