Déserts médicaux et santé publique
La campagne électorale des municipales de 2026 aura été marquée par de nombreux sujets : des mobilités aux enjeux d’alimentation en passant par la question de la lutte contre le trafic de drogue, désormais appelé narcotrafic.

Un sujet a semble-t-il moins attiré l’œil des commentateurs nationaux alors qu’il constituait localement et en de nombreux endroits un sujet de débat bien nourri : celui de l’accès aux soins. Cette actualité trouve un écho dans un livre de la sociologue Anne Moyal publié cette même année et consacré à ce sujet Réguler sans contraindre. L’État et les médecins face aux déserts médicaux (Presses de Sciences Po).
Dans cet ouvrage, l’autrice rappelle que le thème de la « désertification médicale » n’a rien de naturel et qu’il émerge au début des années 2000 en lien avec la thématique de la fracture territoriale. C’est véritablement dans les années 2010 que le sujet prend en ampleur médiatique et ce, alors que sont de plus en plus documentées les inégalités d’accès aux soins. Le Conseil national de l’Ordre des médecins établit dans son rapport de 2015 une baisse importante de la densité de médecins généralistes entre 2007 et 2015. Si elle est de 11,4 % en moyenne, il est des Régions (dans le format précédant la réforme de 2015) où cette diminution est particulièrement marquée. Ainsi en Île-de-France la variation constatée est de -17 %, en Région Centre de -15 %. Les causes sont désormais bien documentées : non seulement le nombre de médecins sortants augmente ces dernières années (beaucoup sont entrés en activité dans les années 1970 et 1980) quand le nombre de médecins entrants tend, lui, à ralentir.
L’ouvrage rappelle cependant que ce n’est pas le nombre de médecins généralistes qu’il convient de scruter mais bien plus précisément le « temps médical ». Car outre le volume global de médecins en activité rapportés à la population, les évolutions sociales dans le travail de soin des dernières décennies impactent fortement l’accès aux médecin
