Sur « le vivre avec », du Covid à l’hantavirus
Il y a des alertes sanitaires qui valent moins par le risque immédiat qu’elles font courir à la population dans son ensemble que par ce qu’elles font remonter à la surface. Le foyer d’infection par un hantavirus présent à bord du MV Hondius n’est pas un nouveau Covid. Ce n’est ni le même virus, ni la même contagiosité, et donc pas le même type de risques.

L’ECDC indiquait, au 15 mai 2026, onze cas, dont huit confirmés et trois décès, tout en maintenant l’évaluation d’un risque « très faible » pour la population de l’Union européenne et de l’Espace économique européen. L’agence précisait par ailleurs que le virus séquencé était proche de virus Andes déjà connus en Amérique du Sud, et qu’aucun élément ne permettait d’y voir un nouveau variant plus transmissible ou plus grave.
Mais c’est précisément pour cela que l’épisode est intéressant. Un virus différent, une chaîne de transmission différente, un danger collectif différent : et pourtant, presque aussitôt, une scène familière. Les mots du Covid reviennent : quarantaine, confinement, cas-contact, isolement, psychose, fausses informations. Ils reviennent avec leurs affects, leurs camps et leurs soupçons, charriant des arguments usés et des divisions demeurées latentes au cours des dernières années.
D’un côté, l’alerte est immédiatement assimilée à un enjeu écologique. Reporterre interviewe Alice Desbiolles pour parler d’éco-anxiété : s’inquiéter, dans un monde qui rend l’inquiétude rationnelle, ne serait pas une pathologie mais un signe d’attention, peut-être même de courage. Le cadrage d’une récente émission de C Politique va dans une direction voisine : « Hantavirus : la revanche du vivant ? » L’émission présente cet épisode comme une occasion de se demander pourquoi les maladies animales franchissent les barrières d’espèces, et ce que ces crises (ou psychoses pour certains) disent de « notre lien au vivant », avec notamment Baptiste Morizot, figure importante des pensées du vivant, parmi les invités.
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