Art contemporain

Une communauté emportée – sur « L’Écologie des relations » au Frac Sud

Critique d'art

Quinze ans après la catastrophe de Fukushima, l’exposition « L’Écologie des relations » met en dialogue, au Frac Sud, plusieurs œuvres d’artistes japonais, nous amenant à penser le rôle de la création artistique quand les chiffres ne racontent pas grand chose. Comment évoquer la catastrophe, alors qu’elle demeure un phénomène collectivement impensé et refoulé ?

« Images du mouvement des nuages, de l’ombre d’un arbre en été, du bruit de la pluie, de la neige en ville. » Ces quelques mots accompagnent l’installation Music for nine postcards (1982) d’Hiroshi Yoshimura exposée au Frac Sud dans l’exposition « L’Écologie des relations ».

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Porté par le désir de traduire nos environnements en sons, l’artiste s’est attaché à la composition musicale sous la forme de musiques diffusées par le biais d’enregistrements, de concerts ou de ce que l’on caractérise de musique expérimentale. Cette écologie au cœur du projet curatorial de la chercheuse Élodie Royer vient justement rencontrer un contexte bien particulier : celui de la création à l’aune de la catastrophe de Fukushima au Japon, intervenue en mars 2011, il y a tout juste 15 ans. Rassemblant les travaux de 10 artistes ce projet prend pour sous-titre « La Forêt amante de la mer » et de souligner ainsi l’interpénétration des écosystèmes et des environnements, pour mieux nous permettre de lire les partitions et les trames d’un scénario tragique et complexe.

De cette catastrophe contemporaine nous connaissons les grandes lignes : un tremblement de terre de magnitude 9, une vague de 30 mètres et une catastrophe nucléaire « niveau 7 » c’est-à-dire d’une importance équivalente à celle de Tchernobyl. Les chiffres ne racontent pas grand-chose. Quid de l’impact de cet événement sur la population, ceux qui vivent sur les terres et, aussi, sur la création artistique laquelle est à prendre ici dans son rôle d’indicateur des passions et des émotions qui traversent, pour un temps, un pays, une ville ou une communauté. La commissaire de l’exposition vit au Japon au moment de la catastrophe. Elle est en résidence à la Villa Kujoyama. Depuis, le sujet et ses acteurs l’accompagnent entre programme de recherche, expositions et rencontres avec ceux qui font vivre cette mémoire dans une recherche au temps présent.

Les vagues

L’exposition qui se tient au Frac Sud à Marseille est le second volet


Léo Guy-Denarcy

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