Une valse à cent ans – sur la rétrospective François Morellet
L’année 2026 marque le centenaire de la naissance de François Morellet (1926-2016). Première d’une longue série d’expositions, « 100 pour cent » au Centre Pompidou-Metz marque l’ouverture des cérémonies sous les traits d’une rétrospective d’envergure à la fois attendue et surprenante.

De fait, avec François Morellet, c’est d’une certaine manière à un monument national de la création moderne et contemporaine que le Centre Pompidou et le Musée national d’art moderne rendent hommage, à un artiste qui a construit, parfois avec insistance, les collections nationales et territoriales, comme leur lignes directrices.
Miroir de cet hommage, le conservateur en charge de l’exposition, Michel Gauthier, ouvre son texte par une citation tirée d’un autre monument en la personne de Marcel Proust. « Il y avait autour de Combray deux “côtés” pour les promenades. » Écho persistant à la Recherche, la proposition de visite se fait selon deux axes comme autant d’humeurs, entre « raison » et « déraison », à lire ici comme une tendance Mondrian et une tendance Picabia qui dessinent et déciment l’œuvre du plasticien choletais.
La distinction dans le corpus et l’approche plasticienne de l’artiste sont le fruit d’une auto-analyse en date de 1988 : « Fils monstrueux de Mondrian et Picabia, j’ai développé depuis 1952 tout un programme de systèmes aussi rigoureux qu’absurdes. » La difficile et ténue distinction évoquée par cette phrase est l’objet de l’exposition du centenaire visible à Metz. Une fois écartés les résidus d’une Nouvelle École de Paris déclinante, laquelle apparaît encore dans quelques toiles des années 50, il demeure dans l’œuvre deux incidences majeures : Max Bill, dont la rétrospective brésilienne de 1951 fait date, et, préalablement, celle de Picabia, notamment le degré zéro pictural, exprimé au sein de la série des Points et visibles (vue ?) à la Galerie des Deux-Îles en 1949.
Raison et déraison
Les larges espaces de Pompidou-Metz consacrés à l’exposition s’ouvr
