Art contemporain

Ferdinand Kokou Makouvia : « Je suis libre de dessiner moi-même les limites de mon pays »

Critique d'art

Né à Lomé en 1989, formé d’abord dans les ateliers de la ville – son « école de la rue » – puis d’Abidjan à Paris en passant par Valenciennes et Amsterdam, Ferdinand Kokou Makouvia investit le Musée des Tissus pour la Biennale de Lyon. Murs de cartons brûlés figurant des continents en mouvement, sculpture de terre modelée par les rêves des passants : une œuvre hantée par la « traversée », où la matière se négocie plus qu’elle ne se domine.

À l’intersection des géographies intimes et des mémoires matérielles, l’œuvre de Ferdinand Kokou Makouvia se dresse comme un pont entre l’exaltation du dévoilement comme de l’ambition et l’exploration patiente du monde. Né à Lomé en 1989, l’artiste porte en lui la marque vive et solaire d’un continent aux lignes de force puissantes, celui qu’il nomme à la fois « territoire et continent » dont l’animisme et la richesse guide chaque geste de sa création.

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Mais son parcours, loin de suivre les lignes droites des évidences académiques, s’est construit au fil de déplacements constants, d’écoles en ateliers d’Abidjan à Valenciennes, de Paris à Amsterdam, façonnant un regard singulier où la matière est interrogée dans sa capacité à faire du vivant un sujet.
A l’occasion de la surprenante 18ème Biennale de Lyon intitulée Passer d’un rêve à l’autre la curatrice Catherine Nichols invite l’artiste Ferdinand Kokou Makouvia (Lomé, 1989) à investir un vaste espace du Musée des Tissus au centre de la capitale des Gaules. Ses sculptures, qu’elles marient la dureté du métal à la fragilité de cartons découpé ou viennent capter la lumière et l’espace environnant ne se contentent pas d’occuper un lieu : elles le révèlent. Les œuvres agissent ici  comme des réflecteurs à la fois physiques et symboliques, renvoyant au spectateur l’écho de ses propres mutations. Dans cet entretien, il est question de cette genèse sensible : de l’enfance rythmée par les mots d’un enseignant et l’observation minutieuse du quotidien togolais, jusqu’aux grands plateaux d’exposition européens. Ferdinand Kokou Makouvia y témoigne d’une démarche où l’intuition dialogue avec la rigueur architecturale, et où chaque œuvre devient le réceptacle d’une énergie en perpétuelle tension.
Ferdinand Makouvia mêle avec talent dans son travail une dimension participative et une démarche curatoriale. Placée au cœur de son projet la matière : la terre comme le bois, se font le lieu d’une transmission et d’un échange. C


Léo Guy-Denarcy

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