Art Contemporain

Stan Douglas : « La photographie permet de travailler avec des concepts »

Critique d'art

À l’occasion de l’exposition « Parallax » au Jeu de Paume, à Paris, Stan Douglas revient sur quarante ans d’une œuvre qui rejoue l’histoire en photographies, films et installations. L’exposition présente au fil des images et des témoignages la parallaxe qu’est le passé et les limites de la vérité historique.

Au croisement de l’histoire, de l’image et de la mémoire collective, l’œuvre de Stan Douglas (Vancouver, 1960) se déploie à la manière d’une enquête sur les récits qui écrivent notre perception du réel. L’artiste canadien développe depuis les années 1980 une pratique plurielle qui associe photographie, cinéma ou encore installation vidéo.

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À l’occasion de l’exposition Parallax, présentée au Jeu de Paume à Paris, Stan Douglas revient sur plusieurs décennies de recherche et sur cette notion de parallaxe, empruntée à l’optique, laquelle désigne le déplacement apparent d’un objet lorsque le point de vue de l’observateur, comme du regardeur, se transforme. La métaphore de ce transfert est particulièrement juste et cela afin de comprendre une œuvre qui ne cesse d’altérer les perspectives, de rapprocher des événements éloignés et de confronter différentes temporalités. Ici, le passé n’est jamais une matière stable que l’on pourrait restituer dans son intégralité. Il se construit à travers des documents, des témoignages, des images et des interprétations successives. La vérité historique demeure partielle, et c’est précisément dans cet intervalle que l’artiste intervient.

Au fil de cet entretien, l’artiste pose la question d’une fabrique du regard, de la place de l’imagination dans la reconstitution historique. Une question sous-jacente à l’exposition s’impose : qui parle ? Alors, l’auteur s’autorise un retour sur des méthodes de travail, sur plusieurs œuvres majeures, et nous invite à considérer l’histoire non pas comme un récit définitivement clos, mais comme un champ de possibles. L. G-D.

Votre exposition qui vient d’ouvrir au Jeu de Paume s’intitule Parallax. Pour commencer notre échange, il me semble intéressant de revenir sur ce titre. Vous y avez rassemblé des œuvres réalisées sur plusieurs décennies et vous abordez, d’après ce que j’ai pu voir, cette relation complexe entre l’image, l’histoire et la manière dont nous construisons notre appréhension du réel.


Léo Guy-Denarcy

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