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Dans la bibliothèque d’Arnaud Desplechin
C’est au tour du cinéaste Arnaud Desplechin de se prêter – et de tricher – au jeu de l’île déserte d’AOC : incapable de ne prévoir que dix volumes, cet autodidacte qui a étudié par lui-même dans une relation compulsive à la lecture est venu avec deux lourdes valises… et c’est au terme d’une longue conversation qu’il est parvenu à établir une liste dense, variée et d’une intense cohérence.
Méditations cartésiennes
Merab Mamardachvili
Évènement dans la pensée, cette lecture de l’œuvre de Descartes relève d'une démarche livre et inventive, soucieuse de démystifier la légende de la clarté cartésienne, légende à laquelle Merab Mamardachvili préfère substituer une élucidation de l'énigme Descartes – ce « mystère en pleine lumière » – et ceci loin d'un marxisme-léninisme sclérosé, afin de mieux rencontrer ce connaissant libre et sans cesse renaissant.Traduit du russe
Actes Sud, 1999 (1986) – 27,90€
Poésie
T. S. Eliot
Des Premiers poèmes (1910-1920) aux quatre chants admirables des Quatre quatuors (1936-1942), l’œuvre de Thomas Stearns Eliot domine la première moitié du siècle : « poésie - comme l'a précisé Pierre Leyris - strictement nécessaire, parcimonieusement sécrétée (à raison d'un poème ou deux par an, certaines années restant muettes) par un destin jalousement économe d'expression lyrique ».Traduit de l'anglais par Pierre Leyris
Seuil, 1974 – 23,80€
Cinq psychanalyses
Sigmund Freud
« La tradition psychanalytique a maintenu sous son titre et dans son unité cet ensemble de cas, quelle que soit la particularité de chacune de ses pièces et ceci non sans raison : il s'agit d'un recueil dans lequel, depuis des décennies, les lecteurs vont puiser une inspiration qui ne se tarit pas, qu'aucun psychanalyste ne peut se permettre d'ignorer mais se doit de discuter et éventuellement de compléter. » Jean LaplancheTraduit de l'allemand par Janine Altounian, Pierre Cotet, Françoise Kahn, René Lainé, François Robert, Johanna Stute-Cadiot
Presses Universitaires de France, 2014 (1935) – 15,50€
On n’y voit rien. Descriptions
Daniel Arrase
En six courtes fictions narratives qui se présentent comme autant d'enquêtes sur des évidences du visible, de Velázquez à Titien, de Bruegel à Tintoret, Daniel Arasse propose des aventures du regard. Un seul point commun entre les tableaux envisagés : la peinture y révèle sa puissance en nous éblouissant, en démontrant que nous ne voyons rien de ce qu'elle nous montre. On n'y voit rien ! Mais ce rien, ce n'est pas rien.Folio, 2003 (2000) – 8,60€
La Taupe
John le Carré
Un agent double russe répondant au pseudonyme de Karla s'est infiltré au plus haut niveau des services de renseignements britanniques. George Smiley, l'un des meilleurs agents secrets de la Couronne, a pour mission de débusquer la taupe et de la neutraliser. Dans les obscurs labyrinthes du monde de l'espionnage international, la tâche s'avère périlleuse...Trilogie de Karla : La Taupe (Tinker, Tailor, Soldier, Spy), Comme un collégien (The Honourable Schoolboy), Les Gens de Smiley (Smiley’s People)
Traduit de l’anglais par Jean Rosenthal
Points, 2018 (1974) – 8,30€
Vie de Henry Brulard : écrite par lui-même
Stendhal
Devant San Pietro in Montorio, Rome à ses pieds, à l’orée de ses cinquante ans, Stendhal repense à sa vie et rêve à ses amours. « Après tout, me dis-je, je n’ai pas mal occupé ma vie, occupé ! Ah ! c’est à dire que le hasard ne m’a pas donné trop de malheurs, car en vérité ai-je dirigé le moins du monde ma vie ? » Écrite en 1835-1836, cette œuvre autobiographique de Henri Beyle, devenu Stendhal par refus du nom paternel et goût des pseudonymes, demeure inachevée.Hachette-BNF, 2018 (1927) – 18,40€
Le Théâtre de Sabbath
Philip Roth
À soixante-quatre ans, Mickey Sabbath est loin de vouloir remiser son audace, son insolence, sa libido ou son humour au magasin des accessoires. Douloureusement par la mort de sa maîtresse, poursuivi par les fantômes de ceux qu'il a le plus aimés ou le plus haïs, il est pris dans une suite d'événements à la fois terriblement tragiques et excessivement drôles. Un personnage gargantuesque au cœur d'une farce grotesque : la vie.Traduit de l’anglais par Lazare Bitoun