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Politique

La haute administration contre les fonctionnaires 

Sociologue

Le candidat Macron avait clairement pourfendu le système de sélection de la haute fonction publique, et notamment le classement de sortie de l’ENA, plaidant pour une plus grande diversité des élites de l’État. La réforme récemment annoncée par le Premier ministre tourne pourtant résolument le dos à ces ambitions.

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Derrière un enjeu politique et social se cache souvent un autre enjeu, bien plus important. La réforme de l’État et ses derniers avatars en offrent un exemple assez significatif. L’élection présidentielle de 2017 a vu émerger chez les candidats de droite une frénésie de propositions néolibérales visant à réduire massivement le nombre de fonctionnaires et à privatiser une bonne partie des services publics. On a pu ainsi assister à une véritable surenchère qui a culminé avec les propositions de François Fillon conduisant à vouloir supprimer 600 000 postes durant son éventuel quinquennat. Dans ce contexte, Emmanuel Macron s’est montré bien plus modéré en affichant un objectif de 120 000 suppressions d’emplois devant être réparties entre l’État et les collectivités locales. Une fois de plus...

Luc Rouban

Sociologue, Directeur de recherche au CNRS, au Centre de recherche politiques de Sciences Po (CEVIPOF)