A Analyse

Ecologie

Le socialisme entre le jardin et la planète

Philosophe

Face aux défis environnementaux, la dichotomie entre un État social et une rationalité libérale orthodoxe s’efface, tous deux incompétents pour prendre en compte l’environnement. Émerge la nécessité d’un autre type de souveraineté et de nouvelles solidarités, redéfinissant le partage des ressources et de la terre. Troisième et dernier volet de cette série de Pierre Charbonnier sur les politiques de l’écologie.

Pour l’essentiel des 19e et 20e siècles, le mouvement socialiste a incarné la principale force capable de limiter, de freiner les conséquences sur la société de l’économie politique moderne. Celle-ci entendait déléguer aux mécanismes du marché l’allocation des richesses collectivement produites, non seulement parce que ces mécanismes lui apparaissaient comme les plus justes, voire les plus naturels, mais aussi parce que le marché garantirait une limitation de la répression étatique sur les individus.

Publicité

À cela, le socialisme a répondu que le tissu social n’est pas réductible à l’échange marchand, et que les relations de travail en particulier fonctionnent dans les civilisations industrielles comme le substrat d’une solidarité morale qui ne saurait être dissoute sans dommages sur la paix. Cette confrontation idéologique et sociale de longue durée a donné lieu à ce que certains chercheurs, comme Wolfgang Streeck, ont appelé le « capitalisme démocratique » – un compromis dont les Trente Glorieuses, en France, repr...

Pierre Charbonnier

Philosophe, Chargé de recherche au CNRS